Nom de l’auteur/autrice :Nour Kharraf

Al-Sabil 10

(FR) Leïla Ammar – Propreté, hygiène et espace public à Tunis à travers les usages et la réglementation, 1858-1914.

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ titre auteur 10 | 2020 Propreté, hygiène et espace public à Tunis à travers les usages et la réglementation, 1858-1914. Nom de l’auteur Table des matieres Introduction 1. De la défense de la salubrité publique à la reconnaissance d’une « utilité publique », 1858-1872 2. Un nouveau règlement sur la propreté et la salubrité publique ( 1865-1870) 3. Le règlement sanitaire de 1873 et la création du conseil d’hygiène et de salubrité publique (majlis hafdh al-sahha wa al-nadhafa al-‘umumiyya) 4. Les nouveaux espaces publics et l’hygiène publique, une mise en ordre de la rue (1883-1889) Conclusion Résumé Durant la deuxième moitié du XIXe siècle l’espace urbain de Tunis est en proie à de nombreux problèmes de salubrité et d’hygiène et en même temps fait il l’objet de volontés de renouvellement. Le conseil municipal (1858), puis le conseil d’hygiène et de salubrité publique (1873) édictent des règlements basés sur la notion d’intérêt général et d’utilité publique qu’ils auront des difficultés à appliquer. Il faudra deux décennies pour que la propreté et l’hygiène, affaire privée, du ressort des habitants, passent sous le contrôle de l’institution municipale. Avec le protectorat, un arsenal règlementaire nouveau est mis en place. Au plan urbain le règlement de voirie de février 1889 et le règlement sanitaire de 1903 achèvent de donner corps à une nouvelle vision de l’espace urbain, assaini, ordonné, aligné, ouvert, salubre. Cette règlementation a coexisté avec des pratiques juridiques et des usages antérieurs jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu’à l’aube du XXe siècle que les anciens usages battus en brèche disparaîtront au profit des nouvelles règles et pratiques de promotion de la voie publique. L’année 1914 marque un tournant dans la gestion urbaine et l’expansion de la capitale. Elle signe aussi la relégation de la ville ancienne au statut de « quartier » de la ville et la primauté de la « ville européenne ». Mots-clés :​ Propreté, hygiène, salubrité, usages, règlements, Tunis, voie publique, espace public, institutions municipales. Abstract Cleanliness, hygiene and public space in Tunis through uses and regulations, 1858-1914. During the second half of the 19th century, the urban space of Tunis was plagued by many health and hygiene problems and at the same time was the subject of renewal wills. The City council (1858), then the council of hygiene and public health (1873) enacted regulations based on the concept of general interest and public utility which they had difficulty to apply. It will take two decades for cleanliness and hygiene, previously a private matter which was the responsibility of the inhabitants, to come under the control of the municipal institution. With the protectorate, a new set of rules was implemented. At the urban level, the roadway regulation (règlement de voirie) of 1889 and the sanitary regulation of 1903 ended up giving body to a new vision of remediated, arranged, aligned, open and healthy urban space. This regulation coexisted with previous legal practices and uses until the end of 19th century. It is only at the dawn of the 20th century that the old uses disappear in favor of new rules and practices for the public road promotion. 1914 was a turning point in the urban management and the expansion of the capital. It also marked the primacy of the“ European city” .and the relegation of the old city to the status of a “district”. Keywords: Cleanliness, hygiene, uses, regulations, Tunis, public road, public space, municipal institutions. الملخص النظافة و الصحة و الفضاء العام في تونس من خلال الممارسات و التراتيب 1858- 1914 كان الحيز الحضري لمدينة تونس يعاني خلال النصف الثاني من القرن التاسع عشر من عديد المشاكل المتعلقة بالظروف الصحية و برزت في نفس الوقت إرادة لتجديده فأصدر المجلس البلدي(1858) ثم مجلس حفظ الصحة والنظافة العمومية (1873) تنظيمات تستند إلى مفهومي المصلحة العامة والمنفعة العامة كان من الصعب تطبيقها في أول الأمر. سيستغرق الأمر عقدين من الزمن حتى تغدو النظافة والظروف الصحية مسألة عمومية تحت سيطرة و مراقبة المِؤسسة البلدية بعد أن كانت شأنا خاصا بالسكان. تم وضع ترسانة تنظيمية جديدة في زمن الحماية. على المستوى العمراني، ساهمت تراتيب الطرقات لسنة 1889 و التراتيب الصحية لسنة1903 في بلورة رؤية جديدة لحيز حضري معقم و منضم و مصطف ومفتوح و صحي, أعتمدت هذه التنظيمات حتى نهاية القرن التاسع عشر في نفس الوقت الذي تواصل فيه العمل بالأعراف السابقة من ممارسات قانونية و عادات سكنية. في فجر القرن العشرين إختفت العادات القديمة لصالح القواعد و الممارسات الجديدة التي عززت الخيار العام فمثل بذلك عام 1914 نقطة تحول في توسع المدينة و إدارتها العمرانية كما أنه إقترن بإعطاء أولوية  » للمدينة الأوروبية » مقابل إقصاء المدينة القديمة إلى مرتبة « حي » بمدينة تونس. الكلمات المفاتيح: النظافة، الظروف الصحية، الممارسات ، التنظيمات ، تونس ، الطرق العامة ، الأماكن العامة ، المؤسسات البلدية. Pour citer cet article Leila Ammar, « Propreté, hygiène et espace public à Tunis à travers les usages et la réglementation, 1858-1914. », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°10, Année 2020. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=16100 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Auteur​ Leïla Ammar Leila Ammar Maître de Conférences – Université de Carthage. Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines – Université de la Manouba.

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(FR) Préface – Narjes Ben Abdelghani

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ 10 | 2020 Préface Narjes Ben Abdelghani Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ «Pour protéger les villes des mauvaises conditions atmosphériques, on veillera à choisir l’emplacement dans une région où l’air est bon et pur. S’il est stagnant et mauvais, près d’eaux putrides, de mares ou de marais, les êtres vivants en subissent rapidement les conséquences»1. Ibn Khaldoun, Discours sur l’histoire universelle Al-Muqaddima,XVe siècle. L’année 2020 aura été associée à une crise sanitaire aigüe qui remet à l’ordre du jour l’idée de l’hygiène sous ses différentes manifestations. Notion hybride associée à la fois à la propreté, à la santé ainsi qu’aux préconisations, pratiques et dispositifs spatiaux mis en place pour les assurer, elle se manifeste à travers la législation, la gestion des rapports humains, la conception de l’espace habité, les recherches médicales et les innovations techniques. Toutes ces révélations s’entrecroisent dans la toile de fond des productions architecturales et urbaines. Elles entretiennent, en effet, une relation d’influence réciproque avec le politique, ainsi que l’économique, le social, etc. Elles expriment donc, à travers leurs propres matérialités, une histoire des mentalités dans laquelle la notion d’hygiène occupe une place importante. Voici donc une tentative d’exploration des manifestations multiples de ce que peuvent nous livrer divers établissements humains, en tant que témoins des différents moments de l’histoire du Maghreb. La longue et tumultueuse histoire de cette côte afro-méditerranéenne au confluent de mille chemins, nous apprend que celle-ci s’était constamment enrichie par la rencontre des hommes qui s’y enracinaient et de ceux qui ne faisaient que passer. Ainsi, ce territoire avait le don de colorer sa production matérielle et spirituelle au gré des réminiscences qui lui parvenaient des villes dont il avait été, pendant certaines périodes, satellite comme Rome, Damas, Bagdad, Istanbul, etc. Dans ce mouvement des hommes et de leurs visions du monde, les idées et les modèles qui circulent dialoguent tantôt avec les idées et pratiques spatiales locales, et tantôt s’affirment comme des substituts envahissants. La période de la colonisation française, déjà précédée par un engouement et une fascination inconditionnelle pour le progrès de « l’Occident » auquel on aimerait emboîter le pas, marque dans ce sens, une de ces césures remarquables où désormais, à la culture locale, se substitue la « science » occidentale, condensé d’une vision du monde, spécifique, propre par son système de pensée et de croyances. Au Maghreb, satellite pour Paris depuis le XIXe siècle, l’hygiène est donc importée en tant que fondement d’un nouvel urbanisme européen triomphant, canonisé et appliqué dans un cadre institutionnel. C’est ce contraste que met en exergue Leila Ammar lorsqu’elle révèle le passage d’une hygiène communautaire, collaborative assurée par les habitants eux-mêmes à une hygiène devenue affaire publique, sous le contrôle de l’institution municipale et gérée par le bais d’un nouvel arsenal règlementaire qui, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, refaçonne progressivement l’espace urbain de Tunis et donne corps à la nouvelle « ville européenne » établie aux portes de la médina. Dans cette « ville européenne » naissante, sera importée, en plus des plantations des arbres d’alignement et des squares aménagés, une des composantes majeures du nouveau modèle urbanistique emprunté au Paris haussmannien et connotant tout à la foi esthétique urbaine et hygiénisme. C’est ce que nous apprend Saloua Ferjani lorsqu’elle retrace la genèse du parc du Belvédère, « le bois de Boulogne de Tunis » depuis le lancement du projet en 1892. Au cours de cette même période instauratrice d’un espace français outre-mer qui comprend entre autres la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, l’idée prégnante de l’hygiène apparaît également à travers l’installation d’une architecture balnéaire que Samia Chergui et Nadia Nedjar observent particulièrement en Algérie. Elles montrent alors que si les établissements thermaux qui s’y développent pendant la seconde moitié du XIXe siècle renouent avec la tradition des thermes romains et des hammams médiévaux, tradition qui imprime l’identité du Maghreb, ils se distinguent néanmoins par un programme architectural inédit qui répond à une idéologie hygiéniste où, aux pieds des sources d’eaux minérales, soins curatifs et loisirs se conjuguent. A la construction de villes « européennes » en Tunisie selon le modèle haussmannien dans les premiers temps de la colonisation, succède un deuxième épisode de grands travaux entrepris depuis 1943 dans le cadre d’une reconstruction, inévitable à cause des dommages importants infligés pendant la guerre. C’est à ce moment-là que s’exporte le modèle d’une école nouvelle du XXe siècle. Alia Bel Haj Hamouda restitue les attributs de ce modèle basé sur le principe de ce qu’on avait appelé « la pédagogie active » et identifie la place privilégiée qu’y occupe l’idéal hygiéniste. C’est au cours de ce même épisode de la reconstruction qui glorifie les modèles urbanistiques et architecturaux de la modernité européenne telle qu’elle était envisagée par l’avant-garde réunie dans le cadre des CIAM (congrès internationaux d’architecture moderne) que s’implante également à Tunis le logement de la masse du XXe siècle désormais standardisé et institutionnalisé. La lecture que je propose, pour ma part, du modèle de cette maison salubre pour tous révèle qu’il correspond à un ensemble de dispositifs prototypiques qui s’emboîtent depuis l’échelle de la ville jusqu’à l’échelle de l’appartement et que ces derniers tirent leur légitimité du contexte de la ville européenne dont l’ordre social et urbain sont bouleversés depuis la révolution industrielle. Mais, appliquée à Tunis, la recette moderne de la maison salubre sera imprégnée par cet autre contexte qui l’accueille. Indépendante, La Tunisie ne produit pas pour autant ses propres modèles en matière d’aménagement du territoire. Si on continue à importer les produits urbanistiques prêts à l’emploi d’une modernité canonisée et envahissante, on y tente également de ressusciter, au nom de l’hygiène, le mécanisme haussmannien de la percée des ensembles urbains historiques qui peinait déjà à être appliqué pendant l’ère coloniale dans le cadre d’un urbanisme dit « de correction ». Mais la lecture qu’engage Nader Meddeb permet d’observer sous un autre angle cette percée urbaine. Il

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(FR) Othmani Houssem Eddine – Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle)

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Othmani Houssem Eddine Table des matieres Introduction 1. Tunis, 1900-1950 : l’introduction du style néo-mauresque et l’arabaisance moderne 2. Le modèle originel : le patio traditionnel tunisois 3. La métamorphose analysée : la réutilisation moderne du patio Conclusion Résumé L’architecture néo-mauresque à Tunis, développée principalement durant la première moitié du XXe siècle, s’inscrit dans une tendance artistique marquée par l’orientalisme. Elle reprend des éléments de l’habitat traditionnel local comme le moucharabieh, la skiffa et le patio, non pas nécessairement pour leur fonction, mais pour leur valeur esthétique et symbolique. Cette reconfiguration stylistique s’opère dans un contexte de modernité urbaine et architecturale, avec de nouveaux matériaux, de nouvelles normes constructives et des modes de vie en mutation. Le patio, élément central et structurant de la maison tunisienne traditionnelle, est fréquemment repris dans ces villas. Pourtant, il y subit une transformation majeure : il n’apparaît plus comme un espace ouvert sur le ciel. Il est fréquemment couvert par un étage supérieur ou une coupole, perdant ainsi ses fonctions bioclimatiques essentielles (ventilation, lumière zénithale, rapport à l’eau de pluie) et parfois même sa centralité spatiale. Son statut devient alors ambigu : est-ce encore un patio, ou simplement un hall, une antichambre, un salon couvert ? Cette configuration n’est pas isolée ; on observe également une dilution du terme « patio » pour désigner des espaces de circulation ou des pièces intérieures closes. Cette communication se propose d’analyser cette transformation. Nous posons l’hypothèse que le patio, dans cette architecture, devient un signe architectural décontextualisé. Sa métamorphose révèle moins une imitation qu’une réinterprétation profonde, adaptant la spatialité domestique aux besoins d’une clientèle souvent européenne ou occidentalisée. Nous chercherons donc à identifier les nouvelles fonctions de cet espace couvert (circulation, distribution, prestige) et à comprendre ce qui le remplace comme cœur de la maison : un salon « à l’européenne », un escalier monumental, une terrasse ? Pour répondre à ces questions, notre méthode repose sur l’analyse comparative d’un corpus de villas tunisiennes conçues par des architectes tels que Raphaël Guy, Victor Valensi ou Jacques Marmey. Cette lecture morphologique sera éclairée par une approche empruntant à l’anthropologie de l’espace, permettant d’interroger l’écart entre la forme (le signe « patio ») et l’usage, ainsi que la redéfinition des centralités domestiques. L’objectif n’est ni de juger cette transformation, ni de regretter une supposée authenticité, mais d’observer ce qui advient lorsqu’un élément architectural majeur change de nature. À travers le cas du patio néo-mauresque, nous interrogeons ainsi la rencontre, parfois contradictoire, entre une tradition revisitée et les impératifs d’une configuration moderne adaptée à un mode de vie européen. Mots-clés :​ Patio couvert, architecture néo-mauresque, villa, XXe siècle, morphologie spatiale. Abstract Neo-Moorish architecture in Tunis, which developed primarily during the first half of the 20th century, belongs to an artistic trend marked by Orientalism. It borrows elements from the local traditional habitat —such as the moucharabieh, skiffa, and patio— not necessarily for their original function, but for their aesthetic and symbolic value. This stylistic reconfiguration takes place within the context of urban and architectural modernity, involving new materials, new construction standards, and evolving lifestyles. The patio, a central and structuring element of the traditional Tunisian house, is frequently adopted in these villas. Yet, it undergoes a major transformation: it no longer appears as a sky-open space. It is often covered by an upper floor or a dome, thereby losing its essential bioclimatic functions (natural ventilation, zenithal light, connection to rainwater) and sometimes even its spatial centrality. Its status becomes ambiguous: is it still a patio, or merely a hall, an antechamber, a covered salon? This configuration is not isolated; we also observe a dilution of the term « patio » to designate circulation spaces or enclosed interior rooms. This presentation aims to analyze this transformation. We hypothesize that the patio, in this architecture, becomes a decontextualized architectural sign. Its metamorphosis reveals not so much an imitation as a profound reinterpretation, adapting domestic spatiality to the needs of a clientele that was often European or Westernized. We will therefore seek to identify the new functions of this covered space (circulation, distribution, prestige) and to understand what replaces it as the heart of the house: a European-style salon, a monumental staircase, a terrace? To answer these questions, our method is based on the comparative analysis of a corpus of Tunisian villas designed by architects such as Raphaël Guy, Victor Valensi, and Jacques Marmey. This morphological reading will be informed by an approach drawing from the anthropology of space, allowing us to question the gap between form (the « patio » sign) and use, as well as the redefinition of domestic centralities. The objective is neither to judge this transformation nor to regret a

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(FR) Sarra Ladjimi Malouche – Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter.

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche* Table des matieres Introduction 1. Le patio : une expérience sensible 2. Le quotidien du patio : une humanité encore vivante 3. Configurer le patio par l’écriture : l’Ekphrasis Conclusion Résumé Notre communication se propose d’analyser les représentations des cours et patios dans L’Œil du jour de Hélé Béji. D’inspiration autobiographique, ce roman interroge notre rapport à l’espace et à l’habiter, à partir du cœur de la demeure familiale, le patio de la maison de la rue El Marr dans la médina de Tunis. Loin d’être de simples décors, les cours et tout particulièrement le patio, occupent une fonction centrale dans le rapport à l’espace : ils suscitent impressions, sensations, sentiments qui invitent à une appréhension phénoménologique de l’espace. Réactivant les notions d’ambiance et d’atmosphère, l’écriture ouvre l’accès à un ressenti autre de l’espace urbain que notre contemporanéité gagnerait à redécouvrir pour habiter poétiquement Tunis. Mots-clés :​ Patio- Tunis- Hélé Béji- géopoétique- Ekphrasis. Abstract This paper aims to analyse the representation of inner courtyards and patios in Hélé Béji’s book L’Œil du jour (The eye of the day). Inspired by the autobiographical genre, this novel questions our relationship to space and to the act of dwelling, from the perspective of the family home, the house’s patio, located on El Marr Street, within Tunis medina. More than mere scenery, the inner courtyards and more particularly the patio, hold a key function in the way space is experienced: they arouse impressions, sensations and emotions that calls for a phenomenological approach to space. Reappropriating the concepts of ambiance and atmosphere, this writing allows an alternative way of experiencing urban space, from which our contemporaneity could benefit, in order to inhabit Tunisia poetically. Keywords: Patio, Tunis, Hélé Béji, Geopoetics, Ekphrasis. الملخص يهدف عرضنا إلى تحليل مسألة تمثيل الأفنية والباحات في كتاب « عين النّهار » للكاتبة التونسية هالة الباجي. فهذه الرواية المستوحاة من سيرة ذاتية تطرح علاقتنا بالمكان والسّكن انطلاقا من صميم المنزل العائلي، وهو فناء المنزل الواقع بنهج المرّ بالمدينة العتيقة بتونس. الباحات وخاصة الفناء ليست مجرد زخارف بل تحتل هذه المواقع وظيفة محورية في علاقتها مع المكان: فهي تثير الانطباعات والأحاسيس والمشاعر التي تدعو إلى إدراك ظاهراتي للمكان. من خلال إعادة تنشيط مفاهيم الوسط والأجواء، تفتح الكتابة في « عين النهار » المجال أمام شعور متباين بالفضاء الحضري فسيستفيد منه عالمنا المعاصر من خلال إعادة اكتشافه من أجل العيش بتونس بشكل شاعري. الكلمات المفاتيح: باحات – شاعرية المكان – هالة الباجي – الوصف التشكيلي – تونس. Pour citer cet article Sarra Ladjimi Malouche, « Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°22, Année 2026. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=14413 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction À nos amis de la maison à Patio. Un des mouvements importants de la littérature contemporaine est le « spatial turn », qui met au premier plan les recherches sur l’espace et opère un retour vers le concret. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’approche géopoétique que nous adoptons pour étudier la configuration du patio dans L’Œil du jour de Hélé Béji. Agrégée de lettres modernes, Hélé Béji a travaillé à l’Unesco, elle est l’auteur de nombreux essais, d’une satire, et d’un roman : L’Œil du jour qui fera l’objet de la présente communication. La géopoétique1 est un mouvement transdisciplinaire initié par le poète et philosophe Kenneth White à la fin du XXe siècle. Elle cherche à rétablir et enrichir le lien entre l’être humain et la Terre en combinant l’art, la poésie, la science et l’expérience sensible du monde pour habiter la planète autrement, développer une présence intense au monde, créer une culture ancrée dans le réel et dans l’espace partagé. L’approche géopoétique consiste à explorer les chemins du rapport sensible et intelligent à la terre, fondant une culture au sens fort du mot. Le terme « géopoétique » présente un double mouvement : une expérience de la terre et la conversion de cette expérience en art. Dans L’Œil du jour, la maison à Patio est au cœur du lien avec la terre et les éléments. Elle suscite à la fois, l’émotion et l’écriture de cette émotion. En vertu de ces liens renoués qui intensifient la présence au monde, nous avançons l’hypothèse d’une géopoétique de l’habiter. De plus, nous ferons dialoguer la géopoétique avec la géographie littéraire2. En effet, dans le texte, l’espace est un référent situé, qui s’articule entièrement autour de la demeure à patio dans la vieille ville de Tunis. Loin d’être un simple décor, celle-ci constitue la dimension essentielle du roman. Interrogé, représenté et recréé, le référent du texte invite à explorer la facture même du langage, démarche qui est au cœur de la géographie littéraire.

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(FR) Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac – L’habitat de loisir de Georges Candilis Le patio comme centre de vie

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 L’habitat de loisir de Georges Candilis Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Table des matieres Introduction 1. Georges Candilis, une nouvelle architecture : théorie 2. Le patio à travers le village de vacances « Les Carrats » 3. Le patio élément indissociable de l’architecture des loisirs Conclusion Résumé Au sud de la France, entre 1963 et 1983, une structure administrative novatrice, la mission interministérielle d’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon, a été créée dans le but de conduire de grands travaux d’infrastructure nécessaires au développement du littoral dans l’objectif d’accueillir un million d’estivants au sein d’unités touristiques, tout en préservant des espaces naturels sauvages. Un plan d’urbanisme d’intérêt régional, adopté en 1964, a ainsi créé six Unités Touristiques Nouvelles (UTN) sur une longueur de 200km, placées sous la responsabilité d’architectes-urbanistes dont Georges Candilis pour l’UTN Leucate-Barcarès à cheval entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales qui sont les sites de notre sujet. La philosophie du projet était d’inventer un esprit de vacances. Georges Candilis, utilisa ce site comme terrain d’expérimentation pour une architecture nouvelle. Il souhaitait en effet mettre en place une architecture résolument tournée vers l’extérieur dans laquelle les vacanciers ne vivent pas dedans mais dehors. Pour Georges Candilis, une résidence, qu’il nomme village, est une combinatoire de logis organisée autour de placettes ; chaque logis, est un assemblage de pièces nommées blocs fonctionnels dont le patio fait parti. À travers cette logique d’assemblage, l’architecte parvient à développer différentes typologies de maisons à patio villages et de logements collectifs. Georges Candilis conçoit le patio non seulement dans le contexte du logement, mais aussi pour les lieux d’attractions et de commerce. Quant à leur utilisation elle peut différer selon les besoins : lieu de vie, apport de lumière, introduction du végétal. En 1973, Le choc pétrolier a mis un terme à cette épopée. De même qu’au début des années 1980, les dispositions de la loi littoral ont mis fin au projet de Leucate-Barcarès. Le développement des unités touristiques a profondément bouleversé des espaces naturels sensibles devenant pour certaines de véritables villes littorales. Du point de vue de l’architecture, la nécessité de mettre en place des mesures d’adaptation des logements existants aux besoins nouveaux interroge sur le devenir des concepts mis en place par les architectes qui ont inventé ces lieux. La question se pose de la reconnaissance de la valeur patrimoniale d’architectures parfois devenues fragiles et à la suite, de leur conservation. Pour cela des procédures administratives ont été mises en place soutenues, sur le terrain, par l’action du système associatif. Mots-clés :​ habitat, loisir, patio, Candilis, habitat, patrimoine, architecture XXe . Abstract In southern France, between 1963 and 1983, an innovative administrative body—the Interministerial Mission for the Development of the Languedoc-Roussillon Coastline—was established to oversee the major infrastructure works required for coastal development. Its objective was to accommodate one million holidaymakers within newly planned tourist units while preserving extensive areas of natural, undeveloped landscape. In 1964, a regional planning scheme was adopted, creating six New Tourist Units (Unités Touristiques Nouvelles, UTNs) along a 200-kilometre stretch of coastline. Each unit was placed under the responsibility of an architect-planner. Among them was Georges Candilis, who was entrusted with the Leucate–Barcarès UTN, spanning the departments of Aude and Pyrénées-Orientales, which constitute the focus of this study. The guiding philosophy of the project was to invent a new spirit of vacation living. Georges Candilis used the site as a testing ground for a new architectural approach. He sought to develop an architecture resolutely oriented toward outdoor living, in which holidaymakers would not live inside buildings but rather outside them. For Candilis, a residential complex—referred to as a “village”—was conceived as a combination of dwellings organized around small squares. Each dwelling consisted of an assembly of spaces known as functional blocks, among which the patio played a central role. Through this compositional logic, the architect developed a variety of patio-house village typologies as well as collective housing schemes. Candilis designed patios not only within residential settings but also in recreational and commercial facilities. Their functions varied according to specific needs: living space, source of natural light, or integration of vegetation. The 1973 oil crisis brought this ambitious undertaking to an abrupt halt. Subsequently, in the early 1980s, the provisions of the French Coastal Law (Loi Littoral) definitively ended the Leucate–Barcarès development project. The growth of these tourist units profoundly transformed environmentally sensitive natural areas, some of which evolved into genuine coastal towns. From an architectural perspective, the need to adapt existing housing to contemporary requirements raises questions about the future of the concepts originally developed by the architects who created these places. This, in turn, prompts reflection on the recognition of the heritage value of these sometimes fragile architectural ensembles and, consequently, on their preservation. To address these issues, administrative

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(FR) Marion Boisset – Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73)

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset Table des matieres Introduction 1. Les architectures vernaculaires sardes : un répertoire de dispositifs 2. Les Case di Palma : dispositifs et configurations spatiales 3. Défaire l’habitat : abstraction du vernaculaire et activation des dispositifs Conclusion Résumé Les Case di Palma réalisées par Umberto Riva à Stintino en 1959–60 puis en 1971–73 constituent un terrain d’observation privilégié pour analyser l’évolution d’une pensée architecturale à partir d’un même site et de conditions climatiques comparables. Conçues comme des maisons de villégiature en contexte méditerranéen, elles interrogent l’habiter temporaire et saisonnier à travers une attention soutenue aux dispositifs spatiaux et climatiques plutôt qu’aux formes typologiques stabilisées. À partir d’une analyse comparative des deux projets, fondée sur l’étude de six dispositifs architecturaux récurrents — mur, cour, patio, portique, seuil et toiture —, l’article examine la manière dont ces éléments sont progressivement transformés en dispositifs opératoires capables de réguler le climat, d’organiser les parcours et de redistribuer les usages domestiques. La première maison repose sur une organisation introvertie autour d’une cour centrale, conçue comme un vide structurant et un régulateur climatique. Dans les secondes maisons, cette centralité disparaît au profit d’un système continu d’espaces intermédiaires — patios latéraux, portiques, couloirs couverts — articulés par un mur périmétrique enveloppant. L’hypothèse défendue est que les deux Case di Palma témoignent d’un processus d’abstraction du vernaculaire sarde. Plutôt que de reprendre les formes caractéristiques de cette architecture, Riva en isole certains principes opératoires — protection climatique, organisation des seuils, épaisseur du mur, articulation des espaces ouverts et couverts — qu’il recompose progressivement en dispositifs architecturaux autonomes. L’analyse comparative vise ainsi à mettre en évidence ce déplacement, de la référence typologique vers une logique de projet fondée sur l’expérience spatiale et les espaces intermédiaires. En déplaçant la lecture de la typologie vers l’expérience, de la forme vers le dispositif, les Case di Palma apparaissent comme le lieu d’élaboration d’une logique de projet fondée sur l’activation des espaces intermédiaires et sur une conception de l’architecture comme champ de relations, sensible aux variations climatiques, perceptives et d’usage. Mots-clés :​ Dispositifs, Espaces intermédiaires, Abstraction, Climat, Usage. Abstract The Case di Palma, designed by Umberto Riva in Stintino in 1959–60 and again in 1971–73, provide a privileged case study for examining the evolution of an architectural approach within the same site and under comparable climatic conditions. Conceived as holiday houses in a Mediterranean context, they explore temporary and seasonal dwelling through a sustained attention to spatial and climatic devices rather than to fixed typological forms. Drawing on a comparative analysis of the two projects, based on the study of six recurring architectural devices—wall, courtyard, patio, portico, threshold, and roof—this article investigates how these elements are progressively transformed into operative devices capable of regulating the climate, organizing circulation, and redistributing domestic uses. The first house is structured around an inward-looking organization centered on a courtyard conceived as both a formative void and a climatic regulator. In the later houses, this centrality gives way to a continuous system of intermediate spaces—side patios, porticoes, and covered passageways—articulated by an enclosing perimeter wall. The article argues that the two Case di Palma illustrate a process of abstraction of the Sardinian vernacular. Rather than reproducing its characteristic forms, Riva isolates a number of its operative principles—climatic protection, the organization of thresholds, the thickness of the wall, and the articulation between open and covered spaces—which he progressively recomposes into autonomous architectural devices. The comparative analysis thus seeks to demonstrate a shift from typological reference toward a design logic grounded in spatial experience and intermediate spaces. By moving the focus of analysis from typology to experience, and from form to device, the Case di Palma emerge as the site in which a design logic is elaborated through the activation of intermediate spaces and through a conception of architecture as a field of relationships, responsive to climatic, perceptual, and domestic variations. Keywords: Devices, Intermediate Spaces, Abstraction, Climate, Use. الملخص تُشكّل Case di Palma التي صمّمها أومبرتو ريفا في ستينتينو خلال عامي 1959–1960، ثم بين 1971–1973، مجالًا مميّزًا لدراسة تطوّر الفكر المعماري انطلاقًا من الموقع نفسه وفي ظلّ ظروف مناخية متقاربة. وقد صُمِّمت هذه المنازل بوصفها مساكن للاصطياف في سياق متوسطي، حيث تطرح إشكالية السكن المؤقت والموسمي من خلال اهتمام متواصل بالأجهزة المكانية والمناخية أكثر من اهتمامها بالأشكال النمطية المستقرة. وانطلاقًا من تحليل مقارن للمشروعين، يستند إلى دراسة ستة أجهزة معمارية متكررة هي: الجدار، والفناء، والباحة، والرواق، والعتبة، والسقف، تبحث هذه الدراسة في الكيفية التي تحوّلت بها هذه العناصر تدريجيًا إلى أجهزة تشغيلية قادرة على تنظيم المناخ، وتوجيه مسارات الحركة، وإعادة توزيع الاستخدامات المنزلية. يقوم المنزل الأول على تنظيم داخلي منغلق يتمحور حول فناء مركزي يُنظر إليه بوصفه فراغًا بنيويًا ومنظّمًا مناخيًا في آنٍ واحد. أمّا في المنازل

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(EN) Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine – Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Table des matieres Introduction 1. An Overview of the Historical Domestic Subterranean Water Infrastructure of Tunis 2. Exploring the Existing Cisterns and Wells of the Medina: Initial Observations from a Survey in the Pasha Street Neighborhood 3. Future Solutions for the Medina’s Hydraulic System Conclusion Abstract Beneath the central courtyards of the houses in the Medina of Tunis lies a largely overlooked infrastructure: the cisterns and wells that once supplied water to every household and enabled the city to weather the seasonal cycles of drought and abundance. This article explores the transformations and decline of the city’s pre-modern domestic water systems and the possibilities for reviving them. Drawing on field research covering forty courtyard houses in the vicinity of Rue du Pacha, this study adopts a historical, architectural and anthropological approach aimed at understanding the city’s vast dormant hydraulic heritage. The study reconstructs the operational logic of the Bīr and Mājil, a dual system of wells and cisterns that -together-generated not only the architectural form of the courtyard house, but also the urban fabric, as well as the social relationships woven within it. The sample covered by the survey reveals that a large part of this water infrastructure still physically exists, but what remains is largely neglected, disused or buried, and the practices that once ensured its upkeep have largely disappeared. This text calls for a re-evaluation of the water harvesting infrastructure as a heritage worth preserving and reusing, rather than as an inert relic. The Medina’s system of Bīr and Mājil embodies an ecological wisdom that is directly relevant to the water challenges facing Tunis and many other Mediterranean cities. Bringing it back to life requires conservation ethics in which reuse is a cultural commitment as much as it is a practical response to a future marked by water scarcity. Keywords: Medina, Water, Tunis, Well, Cistern, Bīr, Mājil, Reuse. Résumé Sous les cours centrales des maisons de la médina de Tunis se cache une infrastructure largement ignorée : les citernes et puits qui assuraient autrefois l’approvisionnement en eau de chaque foyer et permettaient à la ville de traverser les cycles saisonniers de sécheresse et d’abondance. Cet article explore les transformations et le déclin des systèmes hydrauliques domestiques pré-modernes de Tunis ainsi que les possibilités de les réactiver. S’appuyant sur une enquête de terrain portant sur une quarantaine de maisons à patio des environs de la rue du Pacha, cette étude adopte une approche historique, architecturale et anthropologique dont le but est de comprendre l’immense héritage hydraulique dormant. L’étude reconstitue la logique de fonctionnement des Bīr et Mājil, un système dual de puits et de citernes ayant généré non seulement la forme architecturale de la maison à patio, mais aussi la forme urbaine dans sa totalité ainsi que les relations sociales qui s’y tissent. L’échantillon couvert par l’enquête révèle qu’une grande partie de cette infrastructure hydraulique est encore physiquement existante, mais les parties restantes sont largement négligées, hors d’usage ou enterrées, et le savoir qui permettait de les maintenir autrefois a en grande partie disparu. Ce texte invite à reconsidérer cette infrastructure comme un patrimoine qui mérite d’être compris, préservé et réutilisé, plutôt que comme un vestige inerte. Le système des Bīr et Mājil de la médina recèle une intelligence écologique directement pertinente face aux défis hydriques auxquels Tunis et d’autres villes méditerranéennes sont confrontées aujourd’hui. Sa remise en action nécessite la mise en place d’une éthique de la conservation dans laquelle la réhabilitation est à la fois un engagement culturel et une réponse pratique à un avenir marqué par une pénurie d’eau. Mots-clés : Medina, Eau, Tunis, Puis, Citerne, Bīr, Mājil, réutilisation. الملخص تكمن تحت أفنية منازل مدينة تونس القديمة منشآت غالبًا ما تجاهلتها الدراسات المعمارية، ألا وهي المواجل والآبار التي كانت قديمًا تزود كل بيت بالمياه، ومكّنت المدينة من الاستدامة على مرّ مواسم الخصب والجفاف. يتطرق هذا المقال إلى التحولات التي طرأت على منظومة المياه المنزلية في مدينة تونس ما قبل الحداثة، ثم تدهورها عبر الزمن، كما يستطلع إمكانيات إعادة إحيائها من جديد. تستند هذه الدراسة إلى مسح ميداني شمل أربعين منزلًا ذا فناء في محيط نهج الباشا، وتتبنى منهجًا يجمع بين التاريخ والمعمار والأنثروبولوجيا، بهدف تكوين معرفة شاملة بالتراث المائي الهائل الكامن تحت المدينة. تهدف هذه الدراسة إلى فهم كيفية اشتغال النظام المائي المزدوج الذي يشمل المواجل والآبار، ومدى تأثيره على الشكل المعماري للمنزل، وعلى النسيج الحضري للمدينة، وعلى العلاقات الاجتماعية التي تحاك داخلهما. وقد كشفت العينة التي شملها المسح أن جزءًا كبيرًا من هذه المنشآت المائية لا يزال قائمًا، لكن ما تبقى منها مهمل إلى حدّ كبير، أو غير مستخدم، أو مدفون، كما أن الممارسات التي كانت تضمن صيانتها في الماضي قد اختفت. يدعو هذا النص إلى إعادة تقييم البنية التحتية لتجميع المياه باعتبارها تراثًا

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(EN) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària – Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s)

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària Table des matieres Introduction 1. Patio house versus chalet : reclaiming tradition 2. The incorporation of the patio into a new morphology 3. Incorporating the patio into the garden: the landscaped patio Conclusion Abstract​ Patios were connecting the traditional tapatía house with the Mediterranean, through an experiment that took place in the city of Guadalajara, Jalisco, Mexico, during the 1920s and 1930s. At that time, a group of colleagues engineers, led by Luis Barragán and including Ignacio Díaz Morales, Rafael Urzúa, and Pedro Castellanos, rediscovered the universal and enduring values that link Mediterranean vernacular architecture with that of their place of origin. Thereafter, they formulated an archetype of single-family house that incorporated the courtyard tradition, in contrast to the chalet-style houses that were being developed at that time in the city’s urban expansions. After a trip to Europe in 1924, Barragán, deeply influenced by two key lessons—his visit to the Alhambra and the discovery of Ferdinand Bac’s work—returned to Guadalajara and shared his experience with his colleagues. Inspired by Bac’s books, they revisited the concept of the patio and garden within the house, reformulating a new relationship between interior and exterior. To support this argument, four representative design projects by each of these engineers are compared, illustrating their diverse approaches and reinterpretations of the patio and garden as an extension of the house, and how their implementation generates a new residential morphology in which tradition engages in a fruitful dialogue with modernity. Keywords: Luis Barragán, Ferdinand Bac, Guadalajara, patio, typology, garden. Résumé La conception de la cour intérieure relie la maison traditionnelle tapatía à l’architecture méditerranéenne, grâce à une expérimentation menée à Guadalajara, dans l’État de Jalisco, au Mexique, dans les années 1920 et 1930. À cette époque, un groupe de collègues ingénieurs, mené par Luis Barragán et comprenant Ignacio Díaz Morales, Rafael Urzúa et Pedro Castellanos, redécouvrit les valeurs universelles et intemporelles unissant l’architecture vernaculaire méditerranéenne à celle de leur région d’origine. Ils élaborèrent ainsi un archétype de maison individuelle intégrant la tradition de la cour intérieure, en opposition aux maisons de style chalet qui se développaient alors dans le cadre de l’expansion urbaine de la ville. Après un voyage en Europe en 1924, Barragán, profondément marqué par deux expériences marquantes – sa visite de l’Alhambra et la découverte de l’œuvre de Ferdinand Bac – revint à Guadalajara et partagea son expérience avec ses collègues. Inspirés par les ouvrages de Bac, ils ont revisité le concept de patio et de jardin au sein de la maison, redéfinissant le rapport entre intérieur et extérieur. Pour étayer cette thèse, quatre projets représentatifs de chacun de ces ingénieurs sont comparés, illustrant la diversité de leurs approches et réinterprétations du patio et du jardin comme prolongement de la maison, et la manière dont leur mise en œuvre engendre une nouvelle morphologie résidentielle où tradition et modernité dialoguent de façon féconde. Mots-clés : Luis Barragán, Ferdinand Bac, Guadalajara, patio, typologie, jardin. الملخص تُجسّد الأفنية الداخلية صلةً بين المنزل الإسباني الجديد التقليدي والبحر الأبيض المتوس، وذلك من خلال تجربةٍ جرت في مدينة غوادالاخارا، خاليسكو، المكسيك، خلال عشرينيات وثلاثينيات القرن العشرين. في ذلك الوقت، أعادت مجموعةٌ من الزملاء والأصدقاء، بقيادة لويس باراغان، وضمت إغناسيو دياز موراليس، ورافائيل أورزوا، وبيدرو كاستيلانوس، اكتشاف القيم العالمية والدائمة التي تربط العمارة العامية المتوسطية بعمارة موطنهم الأصلي. بعد ذلك، صاغوا نموذجًا أوليًا لمنزلٍ عائليٍّ يدمج تقليد الفناء الداخلي، على عكس منازل الشاليهات التي كانت تُبنى آنذاك في التوسعات العمرانية للمدينة. بعد رحلةٍ إلى أوروبا عام 1924، عاد باراغان، متأثرًا بشدةٍ بدرسين رئيسيين – زيارته لقصر الحمراء واكتشافه لأعمال فرديناند باك – إلى غوادالاخارا وشارك تجربته مع زملائه. استلهموا من كتب باك، فأعادوا النظر في مفهوم الفناء والحديقة داخل المنزل، مُعيدين صياغة علاقة جديدة بين الداخل والخارج. ولدعم هذه الفكرة، تمت مقارنة أربعة مشاريع تصميمية نموذجية لكل من هؤلاء المهندسين المعماريين، مُوضحين مناهجهم المتنوعة وتفسيراتهم المُعادَة للفناء والحديقة كامتداد للمنزل، وكيف يُولّد تطبيقها شكلاً سكنياً جديداً يتفاعل فيه التراث بشكل مثمر مع الحداثة. الكلمات المفاتيح: لويس باراغان، فرديناند باك، غوادالاخارا، الفناء الداخلي، النمط المعماري، الحديقة . Pour citer cet article Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària, « tMediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°22, Année 2026. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=12740 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction The courtyard house is a recurring design solution in many cultures, as it allows for a flexible articulation of the relationship between architecture, climate, landscape, and lifestyle. The universality of this archetype has enabled its constant reinterpretation and its use as a device capable of organizing and structuring architectural spaces. This article focuses on an episode that occurred in the early 20th century in Guadalajara, Jalisco, Mexico, when

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(EN) Riccardo Petrella – The Mediterranean retreats of two Danish architects Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Cours et patios dans le Tunis de Hélé Béji. L’Œil du jour, une géopoétique de l’habiter. Sarra Ladjimi Malouche Cisterns and Wells The Dormant Water Heritage of the Medina of Tunis Leila Ben-Gacem, Firas Khlifi et Sihem Lamine Repenser les patios enterrés de Bulla Regia : une lecture intégrée entre HBIM, performance climatique et design situé Aida Hermi et Héla Oueslati Mur, seuil et patio comme dispositifs climatiques et domestiques. Les Case di Palma d’Umberto Riva à Stintino (1959–60 / 1971–73) Marion Boisset L’habitat de loisir de Georges Candilis. Le patio comme centre de vie Corentin Claret et Catherine Compain-Gajac Quand le patio perd le ciel. Statut et usages d’un élément traditionnel dans la villa néo-mauresque à Tunis (début XXe siècle) Houssem Eddine Othmani Mediterranean roots at the making of the Tapatia patio house (1920s-1930s) Claudia Rueda, Isabela Rentería et Magda Mària La cour troglodytique de Matmata comme matrice : modélisation systémique d’un archétype d’intelligence vernaculaire Amira Naoui The Mediterranean retreats of two Danish architects. Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella 22 | 2026 The Mediterranean retreats of two Danish architects Jørn Utzon’s Can Lis and Erik Christian Sørensen’s Can Geroni in Majorca Riccardo Petrella Table des matieres Introduction 1. Nordic Regionalism 2. Case Study 1: Can Geroni 3. Case Study 2: Can Lis 4. Construction and Materials Analysis Conclusion Abstract​ Two houses, by Danish architects Jørn Utzon and Erik Christian Sørensen, set on the edge of Majorcan cliff present the opportunity to discuss the idea of the modern court-house in the Mediterranean. The authors, the one best known for the extra-ordinary design of the Sydney Opera House, among other masterpieces of contemporary architecture, the other for famous Danish works, challenged themselves to work in the warm environment of Majorca Island during the 60s and 70s. Two case studies, Can Lis and Can Geroni, that present themselves as masterly pieces of both contemporary and traditional craftmanship, able to dialogue with the natural environment and the cultural memory of the place. The extraordinary nature of the spaces that the architects build around the idea of an open courtyard house, experimenting with its variations and poetics, also lies in their ability to literally root these architectures in the Mediterranean context to which they belong. The genesis of the two projects traces a path of maturation of formal intention, which at times rejects the typology, but at the same time does not renounce an architectural programme that focuses on the individual and their experience of the natural surroundings in which they live. The selection of courtyard or patio layouts, and the use of this architectural element, emphasizes the architects’ deep understanding of the context in which they operate and their desire to establish a relationship with the natural (less visible now, due to urbanization). However, there is another element that is considered fundamental to all three projects (and perhaps to the good architectural projects that we like to define as “Mediterranean”): these designs convey a sense of respect for nature, which acts as a creative force within the project, at times intrusive, giving meaning and purpose to the project itself. Keywords:​ Mallorca, Jørn Utzon, Erik Christian Sørensen, Mediterranean architecture, Intercultural architecture. Résumé Deux maisons, conçues par les architectes danois Jørn Utzon et Erik Christian Sørensen et situées au bord des falaises de Majorque, offrent l’opportunité d’aborder le concept de la maison à cour moderne en Méditerranée. Les auteurs, le premier étant mondialement célèbre pour la conception exceptionnelle de l’Opéra de Sydney et d’autres chefs-d’œuvre de l’architecture contemporaine, le second pour ses œuvres danoises emblématiques, ont relevé le défi de travailler dans l’environnement chaud de l’île de Majorque au cours des années 1960 et 1970. Ces deux études de cas, Can Lis et Can Geroni, se présentent comme des réalisations magistrales alliant savoir-faire contemporain et traditionnel, capables d’interagir avec l’environnement naturel et la mémoire culturelle du lieu. La nature exceptionnelle des espaces que les architectes déploient autour du concept de la maison à cour ouverte, en expérimentant ses variations et sa poétique, réside également dans leur capacité à ancrer littéralement ces architectures dans le contexte méditerranéen auquel elles appartiennent. La genèse des deux projets retrace un cheminement vers la maturation de l’intention formelle, qui rejette parfois la typologie, mais qui, simultanément, ne renonce pas à un programme architectural centré sur l’individu et son expérience de l’environnement naturel dans lequel il vit. Le choix des plans organisés autour de cours ou de patios, ainsi que l’usage de cet élément architectural, souligne la compréhension approfondie qu’ont les architectes du contexte dans lequel ils opèrent et leur volonté d’établir une relation avec le milieu naturel (aujourd’hui moins visible en raison de l’urbanisation). Toutefois, un autre élément est considéré comme fondamental pour l’ensemble de ces projets (et peut-être pour les projets architecturaux aboutis que l’on qualifie volontiers de « méditerranéens ») : ces conceptions traduisent un profond respect pour la nature, qui agit comme une force créatrice au sein du projet, parfois intrusive, conférant ainsi sens et finalité au projet lui-même. Mots-clés : Majorque, Jørn Utzon, Erik Christian Sørensen, architecture méditerranéenne, architecture interculturelle. الملخص يقدم منزلان، صمّمهما المهندسان المعماريان الدنماركيان يورن أوتزون وإريك كريستيان سورنسن، والواقعان على حافة جبال مايوركا الصخرية، فرصةً لمناقشة فكرة المنزل ذي الفناء الحديث في منطقة البحر الأبيض المتوسط. وقد تحدى المصممان، اللذان يُعرف الأول بتصميمه الاستثنائي لدار الأوبرا في سيدني ضمن تحف معمارية معاصرة أخرى، ويُعرف الثاني بأعماله الدنماركية الشهيرة، نفسيهما للعمل في البيئة الدافئة لجزيرة مايوركا خلال ستينيات وسبعينيات القرن العشرين. وتُعد دراستا الحالة هاتان، « كان ليس » و »كان جيروني »، نموذجين معماريين رائعين يجمعان بين الحرفية المعاصرة والتقليدية، وقادرين على إقامة حوار مع البيئة الطبيعية والذاكرة الثقافية للمكان. وتتجلى الطبيعة الاستثنائية للفضاءات التي شيّدها المهندسان المعماريان حول فكرة المنزل ذي الفناء المفتوح، من خلال التجريب في تنوعاته وشاعريته، في قدرتهما على تجذير هذه العمارة حرفياً في السياق المتوسطي الذي تنتمي إليه. وتتتبع نشأة المشروعين مساراً

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(FR) Nader Meddeb – Les paradoxes du patio Réflexions sur un espace de vie à travers les mots du patio.

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Domus à péristyle : un focus sur l’Algérie romaine Paola Zanovello Archaism or innovation in the design of the domestic courtyard during the later hafsid period Derek A.R. Moore Le patio comme génotype de l’architecture médinale : manifeste d’espaciologie pour un degré zéro de la conception Ferdaws Belcadhi & Hédi Derbel Le patio kairouanais : perceptions et appropriations habitantes Imen Helali La maison à patio de Gafsa : Morphologie d’une interface entre la médina et l’oasis Souha Zriba et Asma Gharbi La cour à Carthage, miroir des sociétés : regards croisés sur les modèles d’habitat punique et romain Wided Arfaoui Le patio paradoxal : réflexions sur un espace de vie Nader Meddeb 21 | 2026 Les paradoxes du patio Réflexions sur un espace de vie à travers les mots du patio Nader Meddeb Table des matieres Introduction 1. Le patio paradoxal ou « chiasmatique » : mise au point 2. Les mots du patio et le paradoxe intrinsèque à la culture locale 3. Le paradoxe extrinsèque de l’Autre : le patio dans l’imaginaire orientaliste 4. Les plis de la demeure : du dhaher au batin du patio Conclusion Résumé Ce texte analyse le patio comme un espace architectural paradoxal, en prenant pour référence principale la maison tunisienne à cour et les mots qui servent à désigner cette cour. Mobilisant la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty et la pensée de Levinas à propos du « visage », le texte propose de comprendre le patio comme une figure spatiale chiasmatique, rendant perceptible la co-présence d’opposés tels que l’intérieur et l’extérieur, le visible et l’invisible, le public et le privé. L’analyse se déploie à travers une approche herméneutique du corpus ethnolinguistique associé au patio, afin d’en révéler la charge symbolique liée à l’intimité, au sacré et aux dispositifs de protection du regard. L’auteur distingue ainsi deux types de paradoxes ; intrinsèques et extrinsèques qu’il s’attache à mettre en évidence en explorant les fondements ontologiques de cette forme spatiale, les récits orientalistes qui ont accompagné sa réception, ainsi que les croyances et représentations liées à la dimension spirituelle de la maison à cour. Mots-clés :​ Patio, mots, paradoxe, chiasme, perception, orientalisme. Abstract This text examines the patio as a paradoxical architectural space, taking the Tunisian courtyard house and the terms used to designate its courtyard as its primary reference. Drawing on the phenomenology of Maurice Merleau-Ponty and Levinas’s reflections on the “face,” the text proposes understanding the patio as a chiasmatic spatial figure that makes perceptible the co-presence of opposites such as interior and exterior, the visible and the invisible, and the public and the private. The analysis unfolds through a hermeneutic approach to the ethnolinguistic corpus associated with the patio, in order to reveal its symbolic significance in relation to intimacy, the sacred, and mechanisms of protection from the gaze. The author thus distinguishes between two types of paradoxes—intrinsic and extrinsic—which the analysis seeks to bring to light by exploring the ontological foundations of this spatial form, the Orientalist narratives that have accompanied its reception, as well as the beliefs and representations associated with the spiritual dimension of the courtyard house. Keywords: Patio (courtyard), words, paradox, chiasmus, perception, orientalism الملخص يتناول هذا النصّ الفناءَ أو صحن الدار معتبرا إياه فضاءًا معماريًّا ميتميزا بتلاقي المتناقضات وتزاوجها، وذلك بالإستناد الى الألفاض أو الكلمات المستعملة في المغرب العربي وبالتحديد في تونس لتسمية هذا الفضاء. يتطوّر التحليل من خلال مقاربة تأويلية للمدوّنة الإثنو-لغوية المرتبطة بالفناء، قصد الكشف عن مفاهيمه الرمزية المتصلة بالمقدّس، آليات حجب النظر وحمايته، الحرام… ومن ثمّ يميّز الكاتب بين نوعين من المفارقات: مفارقات داخلية وأخرى خارجية، ساعيًا إلى إبرازها عبر االتدقيق في الأسس الأنطولوجية لهذه البنية الفضائية، والسرديات الاستشراقية التي رافقت تلقّيها، فضلًا عن المعتقدات والتمثّلات المرتبطة بالبُعد الروحي للدار « العربي » كما يسميها البعض. الكلمات المفاتيح: الصحن، الأسماء، المتناقضات، الإدراك، المستشرقون. Pour citer cet article Nader Meddeb, « « Les paradoxes du patio. Réflexions sur un espace de vie à travers les mots du patio », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°21, Année 2026. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=11970 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction « Une médina, c’est donc le cœur de la ville, c’est le noyau dans le fruit. Noyau paradoxal, puisque c’est en lui que toute la saveur du fruit s’est réfugiée, puisque c’est lui la substance première et le vrai corps »1. Avec la métaphore du « noyau dans le fruit », les auteurs de Les trois médinas : Tunis, Alger, Fès (2011) ouvrent leur analyse des noyaux historiques de trois villes maghrébines particulièrement représentatives de la ville arabo-musulmane en Afrique du Nord. Cette image permet de comprendre que la médina constitue le point de départ de la ville, son centre vital à partir duquel se sont développées les extensions urbaines. Elle suggère également que ce noyau, habituellement perçu comme une partie dure, sèche et presque résiduelle du fruit, est en réalité l’essence même de la ville, le lieu où est concentrée l’information génétique qui donna lieu aux autres organes de la cité. Il est dès lors qualifié de « noyau paradoxal » parce que, contrairement à l’attente, toute la saveur du fruit s’y est concentrée. Autrement dit, l’essence culturelle, symbolique, sociale et historique de la ville ne se trouve pas dans ses développements et ses transformations modernes malgré leur pertinence, mais demeure concentrée dans la médina, véritable cœur névralgique de cet organisme urbain. En affirmant que le noyau est « la substance première et le vrai corps », la métaphore suggère aussi que la médina n’est ni un vestige figé ni un simple décor patrimonial, mais bien le corps vivant et authentique de la ville, porteur de la mémoire collective, des pratiques quotidiennes, des formes d’habiter et des valeurs qui ont présidé à la genèse des ensembles urbains modernes. Et si l’on transpose cette métaphore sur le patio de la demeure, quel potentiel vital aura cet espace creux, ce vide constamment rempli d’activités quotidiennes et

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