(Fr) Kenza Marrakchi – Exploration des Dynamiques Artistiques
Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur Information A propos Al-Sabil Numéros en texte intégral Le mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, Œuvre de Ziyādat Allāh (836) : Essai de restitution architecturale et décorative Taha KHECHINE Histoire et mutations des espaces de soins en Tunisie : De l’Antiquité aux typologies morphologiques contemporaines Hakima Trimeche Mahfoudhi Scénographie de l’exposition du patrimoine traditionnel dans les musées en Tunisie : les choix et les méthodes de conception Fatma Derouiche Exploration des dynamiques artistiques contemporaines nouvelles en Tunisie : entre artistes et médiateurs Kenza Marrakchi نقش تخليدي زيري بمسجد البقالطة (المنستير)، 423 هـ / 1031-1032 م لطفي عبد الجواد التواصل المعماري والفني بين تونس وطرابلس جوامع بالمدينتين من العهدين الحسيني والقرمانلي: دراسة في الأوقاف والمعمار والفنون أحمد السعداوي علي ثابت وعلاقته بيوسف داي بين 1610 م و1631م قيس الجمايعي مدرسة محمد باي المرادي: أوّل مدرسة أسسّت بمدينة قفصة خلال الفترة العثمانية توفيق لسود التراث والتنمية الحدودية بين تونس والجزائر محمد الأزهر الغربي إضاءات تاريخيّة حول ضَيْعَةِ بَاشَا إيالةِ تونس يحيى بن عبد الرحمان السَاكِزْلِي في قرية « مِيرَاخُورْ » على ساحل البحر الأسود بتركيا مؤيّد المناري 18 | 2024 Exploration des Dynamiques Artistiques Contemporaines nouvelles en Tunisie : entre artistes et médiateurs Kenza Marrakchi Table des matieres Introduction 1. La pratique artistique de Mohamed AKECHA, entre l’intramuros et l’extra muros 2. Archivart un concept innovant dans la Tunisie post-révolutionnaire 3. Contextualisation d’une pratique in progress 4. Ma pratique artistique entre transcendance et transgression Conclusion Résumé La révolution du jasmin fut un déclic pour plusieurs jeunes artistes créateurs1. De nombreux talents ont envahi les espaces pour y exposer toutes sortes de pratiques artistiques. Ces jeunes avant-gardistes ont su séduire la société tunisienne et sans doute la scène internationale. Des nouvelles tendances émergentes nous ont offert un art contemporain nouveau touchant et regroupant toutes les composantes de la société tunisienne, les habitués et les non habitués aux manifestations artistiques. « L’art a décampé », selon les paroles d’un jeune artiste, des locaux dédiés aux expositions. Cette effervescence de nouvelles pratiques artistiques mérite un temps d’arrêt pour comprendre cette nouvelle mouvance et cette nouvelle manière de voir a réussi à capter l’attention de tout un public de différentes catégories et de différentes générations. Plusieurs mots ont été griffonnés sur les journaux par des journalistes critiques d’art pour dénoncer cette vulgarisation et cette nouvelle manière d’exposer et de partager. En revanche, les réseaux sociaux ont fêté l’arrivée de cette bouffée d’oxygène ! Nous sommes en train d’assister à l’émergence de nouveaux espaces communautaires, alternatifs, expérimentaux et indépendants, qui offrent des plateformes provocatrices intrigantes et uniques. L’art contemporain tunisien aujourd’hui brise les traditions modernes et opère des déplacements qui touchent toute une société. L’art se montre dans la rue, dans les parcs, dans des lieux délabrés, dans des vieux palais abandonnés, dans des vestiges archéologiques, dans des usines, dans des hôpitaux brisant toutes barrières entre l’artiste et le public. Créant ainsi une dialectique entre l’espace lieu, le paysage, l’architecture, entre le spectateur et son environnement. Une nouvelle ère dans l’histoire de l’art tunisien certes mais fragile. On se pose alors plusieurs questions et on s’agite. Cette croissance et cette prolifération fort rapide se trouve face à un défi d’organisation et de structuration de toute une stratégie de com et un objectif de fréquentations à adopter pour atteindre toutes catégories sociales et réussir une expérience sensorielle existentielle marquante. Mais qu’en est- il des espaces « intra-muros » ? Plusieurs galeries traversent d’importantes difficultés et certaines ont même fermé leurs portes. Comment allons-nous gérer ces deux manières de toucher le public ? Comment allons-nous protéger « l’intra-muros » des dangers de l’extra-muros et organiser les deux d’une manière professionnelle ? Avons-nous des spécialistes qui peuvent gérer, organiser protéger, attirer les différentes catégories sociales, sans pour autant perdre les habitués de « l’intra-muros » ? Le ministère de la culture, quel est le rôle de l’Etat dans ce changement- a-t-il pensé à la préservation des deux secteurs ? ou une affaire de concurrences déloyales, de moyens de financements, celui qui séduit le plus aura le plus de succès ? Qu’en est-il de cette génération d’artistes, encore traditionnalistes, qui refuse de quitter leurs temples ? En fin, peut-on avancer et côtoyer la mouvance internationale sans avoir réglé nos problèmes intérieurs de connexions ? Plusieurs rencontres, colloques, publications pour organiser ce que nous classons de patrimoine artistique depuis 1881. Nous n’avons aucune structure qui préserve l’artiste et ses productions. L’Etat doit bouger, aucune coordination entre l’archivage, la logistique, les sorties à l’étranger pour les expositions, les moyens techniques, la sécurité des œuvres, entre les autorités et le ministère de la culture, et surtout la conservation de ce patrimoine fortement en souffrance. Un débat qui ne fait que commencer. Mots-clés : Art contemporain tunisien, connexion, médiation, mutation, accessibilité Abstract Exploring New Contemporary Artistic Dynamics in Tunisia: Between Artists and Mediators The Jasmine Revolution sparked a turning point for many young creative artists. A wave of emerging talents took over various spaces to showcase all kinds of artistic practices. These avant-garde youth managed to captivate Tunisian society—and likely the international scene as well. The new emerging trends introduced a contemporary art that is both fresh and emotionally resonant, bringing together all segments of Tunisian society, including those who were previously unfamiliar with artistic events. As one young artist put it, “Art has moved out”—escaping the confines of traditional exhibition venues. This surge in new artistic expressions deserves a moment of pause and reflection. It represents a new vision that has successfully attracted the attention of diverse audiences across generations and social groups. Some art critics hastily scribbled columns denouncing what they viewed as a vulgarization of art and a disruptive new way of exhibiting and sharing. Meanwhile, social media celebrated this breath of fresh air. We are witnessing the rise of new community spaces—alternative, experimental, and independent—offering provocative, unique platforms that challenge the norm. Contemporary Tunisian art today is breaking away from modernist traditions, shifting boundaries and impacting society at large. Art