(Fr) Samia Chergui – deux demeures du fahs algérois
Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur Information A propos Al-Sabil Numéros en texte intégral Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnân Mahieddine Samia Chergui Table des matieres Introduction 1. Le bain des Janissaires : application d’une méthode stratigraphique 2. La grande Mosquée d’Alger : l’essai stratigraphique en complément d’étude historique 3. Djnân Lakhdar et Djnân Mahieddine : la stratification architecturale en l’absence de sources historiques Conclusion Résumé Porter un intérêt à l’histoire des anciens djenân du fahs algérois ne peut être suffisant en soi compte tenu de la rareté des archives et sources textuelles. Ces objets patrimoniaux, qu’ils soient de rang de site ou de monument hérités de la période ottomane, peuvent constituer de véritables documents pour peu qu’ils fassent l’objet d’un essai stratigraphique. Le présent article fait état des résultats d’une lecture de stratification architecturale portant sur les cas particuliers des Djenân Lakhdar et Mahieddine tout en étant élargis au Bain des Janissaires et à la Grande Mosquée d’Alger. Grâce à une telle démarche qui complète ou se substitue à la documentation historique, on est parvenue à restituer l’histoire de ces bâtiments historiques, en dévoilant une quantité d’informations importantes sur leur matérialité. Mots-clés : Strate, Archéologie, Architecture, Histoire, Monument, fahs, Alger. Pour citer cet article Samia Chergui, « Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnân Mahieddine », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1613 Téléchargement Cliquez pour télécharger l’article Texte intégral Introduction La stratigraphie est considérée comme une véritable méthode d’étude de gisement archéologique. Elle contribue aux recherches philologiques depuis une trentaine d’années. Dès 1975, Mannoni précise que l’histoire des vestiges archéologiques est appelée à intégrer la stratigraphie en complément des sources indirectes qu’elles soient textuelles ou iconographiques. Certains architectes qui s’intéressent à la restauration –Doglioni et Parenti – aussi bien que quelques archéologues investis dans l’architecture – Harris, Brogiolo et Francovich – se rendent d’emblée compte du potentiel que ce type d’étude peut avoir dans la documentation et l’interprétation du monument, objet de restauration et expliquent pour la première fois les bases théoriques de cette discipline, née de l’application de l’archéologie au bâtiment1. Fig. 01. Unités stratigraphiques au niveau de la façade/Complexe de Santa Maria in Passione, Gêne. Source : Harris 1982. 1. Le bain des Janissaires : application d’une méthode stratigraphique La stratigraphie représente les phases constructives et les périodes d’usage d’un bâtiment historique. Elle se manifeste par plusieurs strates (une fondation, un mur, un plancher ou un badigeon p.ex.). Toutefois, une différence de taille séparant les stratifications archéologique et architecturale est le sens même du dépôt des strates : pour les gisements archéologiques, les strates sont déposées de haut en bas, soit de la plus récente vers la plus ancienne. Dans le cas de la stratification architecturale, les strates se déposent dans toutes les directions, ce qui rend complexe toute interprétation de l’ordre du dépôt. Les matériaux, les techniques constructives, la couleur, la composition et la finition caractérisent chacune des unités stratigraphiques. Celles-ci sont délimitées par un périmètre que les relations suivantes pourraient lier : Contemporanéité concerne deux unités de maçonnerie réalisées dans le même chantier de construction. Les relations de contemporanéité sont celle de est lié à – deux murs réalisés conjointement p.ex. – ou égal à – deux unités de maçonnerie réalisées en même temps sans qu’ils n’établissent de contact physique p.ex. –. Antériorité/postériorité définit une relation entre deux unités réalisées durant deux phases successives. Les relations d’antériorité/postériorité sont s’adosse à/est adossé sur par – l’unité qui s’adosse est postérieure à l’unité à laquelle elle s’adosse – ; couvre/est couvert par – l’unité qui couvre est postérieure à celle qui est couverte (badigeon qui couvre un mur p.ex.) – ; coupe/est coupé par – l’unité qui est coupée est antérieure à l’unité en interface qui coupe (l’action d’un percement ou démolition est postérieure au mur que l’on perce ou démolit) – ; remplit/est rempli par – l’unité qui remplit est postérieure à celle qui est rempli par (ouverture obstruée p.ex.) –. Fig. 02. Type de relation entre unités stratigraphiques de maçonnerie / Palais du Dey. Source : S. Chergui and al. Cependant, il faut souligner que la séquence stratigraphique ne fournit pas une chronologie absolue, basée sur des dates historiques concrètes. Pour pouvoir associer une date précise aux périodes constructives identifiées au moyen de la périodisation de la séquence, il faut avoir recours aux données fournies par d’autres domaines ou d’autres méthodes d’investigation : l’étude philologique ou l’analyse des maçonneries d’après leur stéréométrie p.ex. D’un point de vue pratique, l’application de cette méthode au Bain des Janissaires a permis de déterminer six unités stratigraphiques de maçonnerie (USM), dont quatre datant de la période ottomane : L’USM 1 coïncide avec l’aménagement de la nouvelle citadelle ottomane en 1572 et représente un pan d’un bastion. L’USM 2 est en rapport avec le bain proprement dit dont l’édification suit de très près l’installation de la muraille. Un acte émanant d’al-Madjlis al-‘Ilmî cite le bain