(Fr) Khadija Derbal – La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots
Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur Information A propos Al-Sabil Numéros en texte intégral Avant-Propos Faouzi Mahfoudh Sousse, le tracé de l’avenue de la Quarantaine : genèse et construction de la ville neuce (1884-1904) Leila Ammar Henchir Djedeida aux XIXe-XXe siècles: enjeux fonciers et mutations urbaines à l’époque coloniale Beya Abidi Belhadj La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots Khadija Derbel Zâwiya Sîdî Bou-Gabrîne à Djebel Zaghouan : étude architecturale et historique Meriem Marzouki أسواق صفاقس من خلال وثيقة مؤرخة من سنة 1652 فوزي محفوظ التواصل بين إيالتي تونس والجزائر: وقف علي باي الحسيني على زاوية سيدي عبد الحفيظ بخنقة سيدي ناجي (1774) أحمد السعداوي ملاحظات حول مدينة توزر وواحتها في نهاية القرن السابع عشر من خلال وقفية المدرسة المرادية ذاكر سيلـه المساجد الريفية وعمارتها بتلمسان (قرى بني سنوس نموذجا) محمد رابح فيسة أوقاف الجامع الكبير بغار الملح من خلال وثيقة أرشيفية تعود إلى أواسط القرن الثامن عشر تفاحة مفتاح 01 | 2016 La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots Khadija Derbel Table des matieres Introduction I- Le rail et la naissance du village de Gaâfour II- La morphologie urbaine de la cité de cheminots III- Les actions d’équipement et la naissance d’un centre urbain Conclusion Résumé La découverte des mines dans le haut Tell a mis en valeur la Tunisie centrale et a permis l’expansion du réseau ferroviaire Tunisien, par la construction de la ligne Tunis- Kalâat Es-snam . Le domaine de Gâafour, sur cette ligne, a été transformé en un immense chantier de construction et a donné naissance à un complexe ferroviaire comprenant une gare ainsi qu’une cité ouvrière destinée à loger le personnel nécessaire à l’exploitation du site. L’étude de la création de telle réalisation présente bien des intérêts. Tout d’abord, la gare et la cité ont donné naissance à une nouvelle agglomération. Cette dernière représente une entité géographique de la dimension d’une petite ville dotée de toutes les modernités et qui doit son existence à la volonté d’une société, la compagnie de chemin de fer Bône Guelma, et de ses habitants. La composition et la disposition intérieures de la gare et de la cité sont le fruit d’une longue évolution urbaine et d’une réflexion architecturale, qui confèrent une identité propre à la ville de Gâafour. Mots-clés : Gâafour, chemin de fer, cité ouvrière, architecture coloniale Pour citer cet article Khadija Derbel, « La ville de Gaâfour : une cité de cheminots », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°1, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1969 Téléchargement Cliquez pour télécharger l’article Texte intégral Introduction Le chemin de fer a vu le jour en Tunisie avant 1881, date d’instauration du Protectorat Français sur la Tunisie. La première ligne de chemin de fer a relié Tunis, la Goulette et la Marsa (TGM) et fut inaugurée le 2 Août 1872 et la ligne reliant Tunis à Ghardimaou longue de 192 Km fut mise en service en 1878. Ces deux lignes furent le préambule à de nombreuses autres lignes qui allaient être étendues dans tout le pays. Une fois installée en Tunisie, la France a commencé à construire son réseau de chemin de fer guidée par des objectifs clairs et précis. Les premières lignes de chemin de fer furent motivées par des intérêts commerciaux et ainsi que par une volonté politique. C’est ainsi que les premiers tronçons furent toujours construits en direction des côtes menant directement vers les ports. L’étude de la diffusion spatiale du réseau ferroviaire colonial est significative. Elle est perçue comme un investissement nécessaire, visant à encourager l’exploitation des ressources de la nouvelle terre et a intéressé pour cela au début principalement les régions agricoles. Ainsi, il n’était pas étrange de voir la première ligne ferroviaire relier Tunis aux régions céréalières passant par les zones les plus riches. Toutefois, ce schéma a rapidement été bouleversé, dans une première phase, par la découverte en 1885 de considérables gisements de phosphates, près de la frontière Sud-ouest de la Tunisie qui donnèrent naissance au réseau Sud dont l’unique souci était d’extraire les phosphates et de les exporter. En deuxième phase, la découverte de mines, dans le haut Tell a permis de développer un nouveau projet d’expansion du réseau ferroviaire introduit par l’activité minière. Le projet de la ligne Pont du-Fahs le Kef devint une ligne Pont-du-Fahs Kalâat Es-snam qui reliait directement les mines de cette dernière au port de Tunis. Le chemin de fer agricole se mua en chemin de fer minier1 qui desservi les intérêts de la colonisation. Ainsi l’étude de la propagation spatiale du réseau ferroviaire montre une nouvelle dimension pour le territoire tunisien qui avant le rail, en dehors des grandes villes, était cloisonné et désert. Les régions s’organisèrent au Sud et au Nord-ouest, la forte colonisation laissa des traces profondes et contribua à créer, dans les régions traversés par le chemin de fer, des villages sans base. Le rail a laissé des traces profondes sur le domaine Gaâfour, qui a été créée par la construction d’une gare, située dans une zone stratégique. Ce domaine actif, présentait en effet un point de passage obligé entre Tunis et Alger. Il a connu, depuis la période coloniale, des profondes mutations liées principalement à une dynamique ferroviaire et fonctionnelle. En effet, la mise en œuvre de la ligne a imposé des opérations de développement dans la région, qui se concrétisées par une nouvelle forme d’organisation spatiale. I- Le rail et la naissance du village de Gaâfour Le village de Gaâfour, actuellement une commune de Siliana, dépendait à l’origine du contrôle civil du Kef, annexe à la Caïdat de Téboursouk. Il est situé sur un affluent de Medjerda à 121 Km de Tunis. Avant l’ouverture de la ligne de chemin de fer du Pont-du-Fahs à Kalâat Es-snam et de ses embranchements2, Gaâfour n’était que le centre d’exploitation d’un domaine agricole qui ne se composait que du Bordj du gérant et d’un petit village arabe sans importance3. Le projet de ligne Pont-du-Fahs Kalâat Es-snam et de ses embranchements a été