Nom de l’auteur/autrice :AlOptimaSabil

Al-Sabil 01

(Fr) Beya Abidi – Henchir Djedeïda aux XIXe-XXe siècles

Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Avant-Propos Faouzi Mahfoudh Sousse, le tracé de l’avenue de la Quarantaine : genèse et construction de la ville neuce (1884-1904) Leila Ammar Henchir Djedeida aux XIXe-XXe siècles: enjeux fonciers et mutations urbaines à l’époque coloniale Beya Abidi Belhadj La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots Khadija Derbel Zâwiya Sîdî Bou-Gabrîne à Djebel Zaghouan : étude architecturale et historique Meriem Marzouki أسواق صفاقس من خلال وثيقة مؤرخة من سنة 1652 فوزي محفوظ التواصل بين إيالتي تونس والجزائر: وقف علي باي الحسيني على زاوية سيدي عبد الحفيظ بخنقة سيدي ناجي (1774) أحمد السعداوي ملاحظات حول مدينة توزر وواحتها في نهاية القرن السابع عشر من خلال وقفية المدرسة المرادية ذاكر سيلـه المساجد الريفية وعمارتها بتلمسان (قرى بني سنوس نموذجا) محمد رابح فيسة أوقاف الجامع الكبير بغار الملح من خلال وثيقة أرشيفية تعود إلى أواسط القرن الثامن عشر تفاحة مفتاح 01 | 2016 Henchir Djedeïda aux XIXe-XXe siècles : enjeux fonciers et mutations urbaines à l’époque coloniale Beya Abidi-Belhadj Table des matieres Introduction I. Sur les traces du Henchir Djedeïda : Essai sur l’origine indiscernable II. Henchir Djedeïda : la grandeur et l’immensité Conclusion Résumé Si l’urbanisation a été l’une des caractéristiques majeures de l’époque moderne, c’est toutefois durant le protectorat français que ce phénomène a pris son ampleur, nous lui devons en effet un héritage formel essentiel. Les villes coloniales ont inscrit dans l’espace une trame de lieux, de points centraux, qui reste l’un des fondements majeurs de la structure urbaine contemporaine. À l’image de la ville de Tunis, la campagne périphérique a connu une véritable poussée du phénomène urbain, tant par l’extension des bourgs précoloniaux, que par la création des localités nouvelles. Cette étude propose d’examiner le développement urbain observé à henchir Djedeïda au cours de l’époque coloniale. Profitant des nouvelles lois et réglementations, les autorités coloniales ont lancé un plan de développement contrôlé. Il s’agit de détailler les étapes de son évolution et de présenter les mécanismes qui ont permis la reconfiguration du domaine ainsi que les procédures et les intervenants. Mots-clés :​ Henchir, palais, campagne, milieu rural, protectorat, Djedeïda, Khaznadar, école israélite, urbanisme, Lotissement, Lakhmi Pour citer cet article Beya Abidi-Belhadj, « Henchir Djedeïda aux XIXe-XXe siècles : enjeux fonciers et mutations urbaines à l’époque coloniale », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°1, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1187 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction La région de Djedeïda, marquée à l’époque précoloniale par une structure principalement rurale, a connu un renforcement sans précédent de ses structures urbaines tout au long de l’époque coloniale. Une intense mise en valeur de l’espace agricole a permis l’installation des grandes fermes et de plusieurs centres urbains, dont certains se maintiennent jusqu’à l’heure actuelle. Le cas de Henchir Djedeïda, témoigne aussi des évolutions économiques et sociales de la région. Il s’agit ici d’aborder les processus de la dynamique foncière et de la mutation urbaine dans toute leur complexité et d’analyser comment et à quels rythmes se faisaient les évolutions. I. Sur les traces du Henchir Djedeïda : Essai sur l’origine indiscernable Cette propriété est située à 25 kilomètres à l’Ouest de Tunis et à 15 kilomètres du Bardo. Son petit village est composé de maisons de plaisance appartenant à des riches Tunisiens et entourées de vergers d’oliviers1. Elle fait partie de la plaine deltaïque de Medjerda qui est une zone essentiellement agricole très basse s’étendant sur les deux rives de la Medjerda inférieure, incluse entre Tebourba, la plaine de Chaouat et les marais d’El-Mebtouha. La composition des sols est très diverse. Ils sont en majorité peu évolués d’apport alluvial. Leur texture est le plus souvent argileuse à argilo-limoneuse et par endroit sablonneuse2. Fig.1. Plan de situation L’épisode colonial ne fut en réalité qu’une étape dans un processus qui remonte plus loin dans le temps. Nous n’avons malheureusement que très peu de renseignements sur ce henchir. Cette propriété foncière nous a fait plonger dans une quête pour trouver des preuves écrites relatant ses origines. 1.1. L’enjeu du toponyme : Henchir Djedeïda, appellation naissante pour un territoire ancien Le nom et la composition de Henchir Djedeïda ont connu au cours du temps de différentes transformations. Son identification est rendue possible grâce à la consultation de différents documents. Dans notre quête d’identification le choix la toponymie en tant qu’un ensemble de strates datables signalant l’appropriation d’un espace et sa domestication constituait une première piste pour retracer l’histoire de cet endroit. La répartition des toponymes anciens et nouveaux est alors une preuve de la permanence de l’occupation humaine du henchir. Partant de cette conception nous proposons une lecture historique des différentes désignations de ce site. La tâche n’est guère facile ; c’est en voyant à retracer l’historique de ce vieux henchir que les intrigues à son sujet se multiplient. Les informations que fournissent nos sources ne sont ni abondantes ni explicites ; elles sont d’autant plus rares que l’on remonte dans le temps. Plusieurs aspects restent de ce fait totalement obscurs, ce qui ne facilite pas la compréhension de l’une des questions les plus inexpliquées de l’histoire foncière de la région. L’analyse entreprise, et qui reste largement un chantier, repose sur l’examen des archives foncières, des actes de habous, des ouvrages historiques et quelques études récentes. Certes, Henchir Djedeïda plonge ses racines dans des temps reculés. Cette ancienneté est attestée deux fois dans les sources de l’époque ottomane. Au XVIIe siècle, par un acte de habous daté du 1er rajab de l’an 1081/ 14 novembre 1670. Cet acte, malgré son caractère tardif, est l’un des rares témoignages qui permettaient de suggérer l’origine pré ottomane du henchir. L’acte cite le toponyme henchir al-Lakhmi ce qui affirme une origine aussi ancienne que celle connue jusqu’à lors. Cette dénomination renvoie, assurément, au groupe tribal des Banû-Lakhm qui occupait la région longtemps bien avant la conquête d’Abdelmoumen3. Il mentionne aussi l’existence, au milieu de henchir al-Lakhmi, de diverses constructions : des magasins, des funduq-s,

Al-Sabil 02

(Fr) Faiza Matri – L’enseignement de l’architecture

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923 – 1930) Faiza Matri Table des matieres Introduction 1. Le Centre d’Enseignement d’Art de Tunis 2. La formation des architectes au sein du Centre d’Enseignement d’Art Conclusion Résumé La formation des architectes en Tunisie était une expérience singulière assurée à partir de 1923 au sein du Centre d’Enseignement d’art. Le présent article qui se propose de présenter et d’analyser cette expérience est articulée autour de deux parties. La première est consacrée à la présentation du Centre d’Enseignement d’Art et l’étude d’une structure de formation complémentaire : le Musée d’Art moderne à Tunis. La seconde partie traite de la question de la formation des architectes au sein du Centre d’Enseignement d’Art. Mots-clés :​ Architecture, Enseignement, Art, Tunis, Protectorat. Pour citer cet article Faiza Matri, « L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923 – 1930) », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1137 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction On définit souvent l’architecte en tant que « personne capable de tracer le plan d’un édifice et d’en diriger l’exécution. […]. Aujourd’hui, l’architecte doit être diplômé d’une école d’architecture et admis dans l’ordre des architectes »1. Bien que l’image moderne de l’architecte ait été inventée et inaugurée en Europe au XVe siècle par Filippo Brunelleschi (1377-1446) qui a « le mérite d’offrir à l’architecture un système stable et scientifiquement construit de conventions »2, l’émergence des architectes diplômés des écoles des beaux-arts est advenue suite à la révolution industrielle. En Tunisie, la création des établissements d’enseignement spécialisés dans la formation des architectes n’a eu lieu qu’à partir du début du XXe siècle à travers la fondation du Centre d’Enseignement d’Art de Tunis en 1923. Parallèlement à l’enseignement de peinture, cet établissement a assuré un enseignement de l’architecture3 qui n’a duré que sept ans pour être suspendu en octobre 1930. Dès lors, le Centre d’Enseignement d’Art a pris le nom d’Ecole des Beaux-arts de Tunis4 en assurant un enseignement de peinture et d’arts plastiques5. Malgré sa courte durée, cette expérience pédagogique a permis la formation des premiers architectes Tunisiens. Fig. 01. L’entrée principale et unique du Centre d’Enseignement d’Art de Tunis située au Passage Ben Ayed dans le quartier de Bâb Jedid à proximité du Tourbet el-Bey. Source : Cliché de l’auteur. De nos jours, les études consacrées à l’histoire de l’architecture tunisienne ne cessent de se multiplier, alors que les études traitant la question de la formation du corps des architectes sont rares pour ne pas dire inexistantes6. En s’interrogeant sur les caractéristiques de l’enseignement de l’architecture assuré dans le Centre d’Enseignement d’Art de Tunis, le présent article a pour objectif de donner un aperçu sur cet établissement ainsi que sur la section d’architecture qui restent méconnus. Compte tenu de la rareté des sources, nous nous sommes basées sur les rapports officiels adressés au Ministre Résident Général sur le fonctionnement des services administratifs, ainsi que les correspondances retrouvées dans les archives, surtout les archives diplomatiques de Nantes. 1. Le Centre d’Enseignement d’Art de Tunis La création de structures modernes pour la formation des architectes tunisiens est marquée par une longue période d’hésitation et de tâtonnements. On peut estimer qu’outre les considérations politiques7, le statut spécifique de ce métier, ainsi que les moyens de son apprentissage et sa transmission, ont amplifié ces incertitudes. Bien que le statut de l’architecte, tel qu’il a été instauré en occident depuis la Renaissance, n’ait pas existé dans les pays du monde arabe, la gestion des aspects techniques et esthétiques des ouvrages n’a pas fait défaut en Tunisie, puisqu’elle a été confiée à des amines. Avant le Protectorat, les métiers traditionnels du bâtiment étaient regroupés en corporations autonomes qui travaillent en ordre dispersé dans l’espace urbain et présidés par les amines8. Au début du XIXe siècle, la formation des conducteurs des travaux a été assurée parallèlement à celle des ingénieurs au sein de l’école polytechnique du Bardo, fondée par Ahmed Bey en 18399. En l’absence d’établissements de formation d’architectes, cette école a contribué à la formation de quelques ingénieurs du bâtiment civil, à l’exemple de Hassouna Ben Mustapha qui enseigna à la même école et à qui furent confiés de grands travaux de construction10. Au cours de la période coloniale, l’aspect polyvalent de ce métier n’a fait que compliquer les choses. Conçue comme un corps de connaissance pratiques, l’architecture tunisienne, ainsi que son apprentissage ont été parfois encouragés à travers les diverses mesures de conservation et transmission des savoir-faire traditionnels. La formation des architectes dans le Centre d’Enseignement d’Art traduit la transposition occidentale de l’approche de ce métier. 1.1. Présentation du Centre d’Enseignement d’Art L’école des beaux-arts a été fondée en 1923 par le Résident Général sous le nom du Centre d’Enseignement d’Art et dirigée par Pierre Boyer artiste peintre, désigné comme directeur avec le titre d’inspecteur adjoint des beaux-arts, assisté d’un professeur de dessin et de peinture

Al-Sabil 01

(Fr) Khadija Derbal – La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots

Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Avant-Propos Faouzi Mahfoudh Sousse, le tracé de l’avenue de la Quarantaine : genèse et construction de la ville neuce (1884-1904) Leila Ammar Henchir Djedeida aux XIXe-XXe siècles: enjeux fonciers et mutations urbaines à l’époque coloniale Beya Abidi Belhadj La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots Khadija Derbel Zâwiya Sîdî Bou-Gabrîne à Djebel Zaghouan : étude architecturale et historique Meriem Marzouki أسواق صفاقس من خلال وثيقة مؤرخة من سنة 1652 فوزي محفوظ التواصل بين إيالتي تونس والجزائر: وقف علي باي الحسيني على زاوية سيدي عبد الحفيظ بخنقة سيدي ناجي (1774) أحمد السعداوي ملاحظات حول مدينة توزر وواحتها في نهاية القرن السابع عشر من خلال وقفية المدرسة المرادية ذاكر سيلـه المساجد الريفية وعمارتها بتلمسان (قرى بني سنوس نموذجا) محمد رابح فيسة أوقاف الجامع الكبير بغار الملح من خلال وثيقة أرشيفية تعود إلى أواسط القرن الثامن عشر تفاحة مفتاح 01 | 2016 La Ville de Gaâfour : une cité de cheminots Khadija Derbel Table des matieres Introduction I- Le rail et la naissance du village de Gaâfour II- La morphologie urbaine de la cité de cheminots III- Les actions d’équipement et la naissance d’un centre urbain Conclusion Résumé La découverte des mines dans le haut Tell a mis en valeur la Tunisie centrale et a permis l’expansion du réseau ferroviaire Tunisien, par la construction de la ligne Tunis- Kalâat Es-snam . Le domaine de Gâafour, sur cette ligne, a été transformé en un immense chantier de construction et a donné naissance à un complexe ferroviaire comprenant une gare ainsi qu’une cité ouvrière destinée à loger le personnel nécessaire à l’exploitation du site. L’étude de la création de telle réalisation présente bien des intérêts. Tout d’abord, la gare et la cité ont donné naissance à une nouvelle agglomération. Cette dernière représente une entité géographique de la dimension d’une petite ville dotée de toutes les modernités et qui doit son existence à la volonté d’une société, la compagnie de chemin de fer Bône Guelma, et de ses habitants. La composition et la disposition intérieures de la gare et de la cité sont le fruit d’une longue évolution urbaine et d’une réflexion architecturale, qui confèrent une identité propre à la ville de Gâafour. Mots-clés :​ Gâafour, chemin de fer, cité ouvrière, architecture coloniale Pour citer cet article Khadija Derbel, « La ville de Gaâfour : une cité de cheminots », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°1, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1969 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction Le chemin de fer a vu le jour en Tunisie avant 1881, date d’instauration du Protectorat Français sur la Tunisie. La première ligne de chemin de fer a relié Tunis, la Goulette et la Marsa (TGM) et fut inaugurée le 2 Août 1872 et la ligne reliant Tunis à Ghardimaou longue de 192 Km fut mise en service en 1878. Ces deux lignes furent le préambule à de nombreuses autres lignes qui allaient être étendues dans tout le pays. Une fois installée en Tunisie, la France a commencé à construire son réseau de chemin de fer guidée par des objectifs clairs et précis. Les premières lignes de chemin de fer furent motivées par des intérêts commerciaux et ainsi que par une volonté politique. C’est ainsi que les premiers tronçons furent toujours construits en direction des côtes menant directement vers les ports. L’étude de la diffusion spatiale du réseau ferroviaire colonial est significative. Elle est perçue comme un investissement nécessaire, visant à encourager l’exploitation des ressources de la nouvelle terre et a intéressé pour cela au début principalement les régions agricoles. Ainsi, il n’était pas étrange de voir la première ligne ferroviaire relier Tunis aux régions céréalières passant par les zones les plus riches. Toutefois, ce schéma a rapidement été bouleversé, dans une première phase, par la découverte en 1885 de considérables gisements de phosphates, près de la frontière Sud-ouest de la Tunisie qui donnèrent naissance au réseau Sud dont l’unique souci était d’extraire les phosphates et de les exporter. En deuxième phase, la découverte de mines, dans le haut Tell a permis de développer un nouveau projet d’expansion du réseau ferroviaire introduit par l’activité minière. Le projet de la ligne Pont du-Fahs le Kef devint une ligne Pont-du-Fahs Kalâat Es-snam qui reliait directement les mines de cette dernière au port de Tunis. Le chemin de fer agricole se mua en chemin de fer minier1 qui desservi les intérêts de la colonisation. Ainsi l’étude de la propagation spatiale du réseau ferroviaire montre une nouvelle dimension pour le territoire tunisien qui avant le rail, en dehors des grandes villes, était cloisonné et désert. Les régions s’organisèrent au Sud et au Nord-ouest, la forte colonisation laissa des traces profondes et contribua à créer, dans les régions traversés par le chemin de fer, des villages sans base. Le rail a laissé des traces profondes sur le domaine Gaâfour, qui a été créée par la construction d’une gare, située dans une zone stratégique. Ce domaine actif, présentait en effet un point de passage obligé entre Tunis et Alger. Il a connu, depuis la période coloniale, des profondes mutations liées principalement à une dynamique ferroviaire et fonctionnelle. En effet, la mise en œuvre de la ligne a imposé des opérations de développement dans la région, qui se concrétisées par une nouvelle forme d’organisation spatiale. I- Le rail et la naissance du village de Gaâfour Le village de Gaâfour, actuellement une commune de Siliana, dépendait à l’origine du contrôle civil du Kef, annexe à la Caïdat de Téboursouk. Il est situé sur un affluent de Medjerda à 121 Km de Tunis. Avant l’ouverture de la ligne de chemin de fer du Pont-du-Fahs à Kalâat Es-snam et de ses embranchements2, Gaâfour n’était que le centre d’exploitation d’un domaine agricole qui ne se composait que du Bordj du gérant et d’un petit village arabe sans importance3. Le projet de ligne Pont-du-Fahs Kalâat Es-snam et de ses embranchements a été

Al-Sabil 02

(AR) Lotfi Abd Jawad – zayd kairawani

2016 | 02 نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد الفهرس المقدمة 1. العنوان 2. العنوان خاتمة المعطيات التاريخية: المعطيات المتعلقة بالكتابة: حول نسبة « الحضرمي »: حول طبيعة الأشغال والعلاقة بين الآمر بها والمعلم: حول الكلمة الواردة بعد نسبة « الحضرمي »: الملخص نص الملخص الكلمات المفاتيح: كلمات المرجع لذكر المقال لطفي عبد الجواد، « نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني »، السبيل : مجلة التّاريخ والآثاروالعمارة المغاربية [نسخة الكترونية]، عدد 02، سنة 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=1025 تحميل المقال انقر لتحميل المقال نص المقال المقدمة نص صورة 1. عنوان الصورة. المصدر: المصدر. العنوان 1 نص العنوان 2 نص العنوان 3 نص 3.1. عنوان فرعي نص خاتمة نص 1 2 3 4 5 6 7 8 9 الهوامش 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 المصادر و المراجع المصادر نص المراجع نص الكاتب لطفي عبد الجواد .باحث- المعهد الوطني للتراث مخبرالآثار والعمارة المغاربية. فهرس جدول المحتويات ملخص تحميل نص المقال الهوامش االمصادر و المراجع الكاتب إرشادات نبذة عن مجلة السبيل مقالات العدد Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون <span data-metadata="« ><span data-metadata="« ><span data-buffer="« >Index <span data-buffer="« >Table des matiéresRésuméTélechargementTexte IntegralNotesBibliographieAuteur Information <span data-buffer="« >A propos Al-Sabil <span data-metadata="« ><span data-buffer="« >Numéros en texte intégral <span data-buffer="« >02 | 2016Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe -XIXe siècles : prémices de l’architecture thermale à TunisBeya Abidi-Belhadj <span data-buffer="« >02 | 2016Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnàn Lakhdar et Djnàn MahieddineSamia Chergui <span data-buffer="« >02 | 2016Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle (1895-1935)Leila Ammar <span data-buffer="« >02 | 2016Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de SfaxFaouzi Mahfoudh <span data-buffer="« >02 | 2016Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècleJean-Luc Arnaud <span data-buffer="« >02 | 2016L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri <span data-buffer="« >02 | 2016La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben AbdallahIlyes Zaafouri <span data-buffer="« >02 | 2016 نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني [المقال] الحفيظ بخنقة سيدي ناجي(1774) لطفي عبد الجواد <span data-buffer="« >02 | 2016 التأثيرات التركية في معمار المساجد التونسيّة وزخرفتها بالعصر الحديث (جامع (مـحـمـد بـاي الـمـرادي أنموذجا) شیراز مصباح <span data-buffer="« >02 | 2016 دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرينمنی کمون <span data-metadata="« ><span data-buffer="« >02 | 2016 نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد فهرس تقديمالنصالتعليقالمعطيات التاريخيةالمعطيات المتعلقة بالكتابة« حول نسبة « الحضرميحول طبيعة الأشغال والعلاقة بين الآمر بها والمعلم« حول الكلمة الواردة بعد نسبة  » الحضرميخاتمة الملخص نص تخليدي تشوب قراءته بعض العوائق ولكنه يمكّن من طرح جملة من الاشكالات المنهجية وأخرى متعلقة بمحتواه (تاريخ المعلم الذي وجد به وعائلة مالوش القيروانية ونسبة الحضرمي وكذلك الكتابة التي دوّن بواسطتها). بعد تجاوز الإشكال المتعلق بتاريخ النقيشة بفضل المكافحة مع كتب التراجم ووثائق الأحباس أو كذلك بفضل المقارنات الفنية مع النقائش الجنائزية تم التوصل الى ترجيح تأريخه بسنة 901 هـ/1496م والى حصر طبيعة الاشغال في جملة من الترميمات أو الإضافات الجزئية ادخلت على المعلم الذي كان في الأصل دارا للفقيه ابن أبي زيد القيرواني. كما تم التوصل إلى أن الآمر بهذه الأشغال أنفق عليها من ماله الخاص وأنه ينتمي إلى عائلة « بن مالوش » القيروانية الحضرمية ذات الصلة بالقبائل اليحصبية اليمنية. Un texte mémoriel qui présente quelques obstacles à la lecture, mais qui permet de soulever un certain nombre de problèmes méthodologiques et d’autres liés à son contenu (l’histoire du monument dans lequel il a été retrouvé, la famille des Malush de Kairouan, la lignée des Hadhrami, ainsi que l’écriture par laquelle il a été enregistré). Après avoir surmonté le problème lié à la date de l’inscription, grâce à la lutte avec les biographies et les documents de l’ermitage, ou encore grâce à des comparaisons artistiques avec les inscriptions funéraires, on est parvenu à la dater de l’an 901 AH / 1496 après JC, et la nature des travaux s’est limitée à un certain nombre de restaurations ou d’ajouts partiels effectués au monument, qui était à l’origine une maison. Par le juriste Ibn Abi Zaid Al-Qayrawani. Il a également été constaté que le responsable de ces travaux les a payés avec son propre argent et qu’il appartient à la famille « Ibn Malush » de Qayrawaniyah Hadhrami, qui est apparentée aux tribus yéménites Yahasabi. A memorial text that has some obstacles to reading, but it enables the raising of a number of methodological problems and others related to its content (the history of the landmark in which it was found, the family of Malush of Kairouan, the lineage of the Hadhrami, as well as the writing by which it was recorded). After overcoming the problem related to the date of the inscription, thanks to the struggle with biographies and hermitage documents, or also thanks to artistic comparisons with funerary inscriptions, it was reached that it should be dated to the year 901 AH / 1496 AD, and the nature of the works was limited to a number of restorations or partial additions made

Al-Sabil 02

(Fr) Leila Ammar – Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leïla Ammar Table des matieres Introduction 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle 2- Les bâtisseurs italiens, architectes, ingénieurs, constructeurs, entrepreneurs, artisans du bâtiment 3- L’immeuble de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle Conclusion Résumé Nul doute que dans le domaine de l’édilité urbaine et des chantiers urbains à Tunis entre 1895 et 1935 les bâtisseurs italiens n’aient joué un rôle majeur. C’est leur langue qu’on entendait dans les chantiers massivement à côté du français et ce sont les architectes et maîtres d’œuvre italiens qui ont façonné une large partie du paysage architectural et urbain de Tunis. Leur influence sur la culture locale s’est fait ressentir naturellement dans les constructions qu’ils ont édifiées. Certains sont nés et ont été formés à Tunis, d’autres ont poursuivi leur formation initiale dans les Ecoles des Beaux-Arts françaises, d’autres encore ont quitté la péninsule pour le Maghreb et sont arrivés à Tunis après un détour par Alger. D’autres encore après une formation et un passage par Tunis ont émigré au Maroc ou en Algérie. Les architectes et entrepreneurs italiens souvent anonymes ont réalisé la plus grande part des édifices privés à Tunis de l’immeuble de rapport urbain à la villa de banlieue. Du maçon sicilien à l’architecte renommé, ils ont participé et contribué par leur présence massive et qualitative au renouvellement des formes architecturales de la ville de Tunis et des idées qui y prévalaient en matière d’architecture. Cette contribution qui se consacre aux nouvelles typologies architecturales produites par les architectes italiens à Tunis et notamment à l’immeuble de rapport de 1895 à 1935 appelle des travaux à venir pour suivre les réseaux et les trajectoires de ces acteurs, leurs biographies professionnelles et leurs mobilités dans l’histoire de la Tunisie comme au Maghreb. Mais aussi pour approfondir notre connaissance de la culture architecturale italienne et de ses rapports avec la culture architecturale locale à cette période et pour mieux comprendre ce que l’on entend généralement et un peu rapidement par « facture italienne » ou influence italienne. Mots-clés :​ architectes et bâtisseurs italiens, Tunis, immeuble de rapport, culture architecturale italienne. Pour citer cet article Leïla Ammar, « Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=961 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction Durant la seconde moitié du XIXe siècle, Tunis connaît à l’instar des grandes capitales méditerranéennes de l’Empire ottoman, les prémices de changements significatifs et décisifs, au plan de l’organisation institutionnelle, de la forme urbaine comme au plan des typologies architecturales. Avec l’amorce d’une ville neuve, pensée et mise en place, dès 1850, par les autorités beylicales, les contenus spatiaux évoluent, en s’ouvrant aux influences européennes. En effet, de nouvelles techniques et pensées de l’espace urbain ont été exportées ou importées, au XIXe siècle en Méditerranée, au Maghreb et au Moyen-Orient, soit par des Etats souverains, tels l’Empire ottoman ou l’Egypte de Muhammad cAli, soit imposées, dans le cadre de politiques coloniales ou de protectorat, comme ce sera le cas en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Lybie. A la faveur de la pénétration occidentale et de la circulation des idées et des techniques modernes, les villes de ces régions connaissent des transformations notoires, aux plans urbain et architectural. De nouvelles formes architecturales naissent à Tunis, à la fin du XIXe siècle, issues de la pression démographique, des nouvelles stratégies socialesv, de la recomposition de la population urbaine et des nouveaux enjeux fonciers et spéculatifs. Les maisons et immeubles de rapport, les funduq (fanadiq) et wakala (wakalat) du XIXe siècle, les culuw (étages), les hôtels particuliers témoignent dans ces villes d’un véritable renouvellement architectural, en rupture avec les formes architecturales traditionnelles. A Tunis, la maison de rapport, l’immeuble de rapport ou la villa sont des formes originales, nées de la confrontation entre des modèles européens empruntés et les réalités urbaines du contexte local. C’est à la maîtrise d’œuvre, aux constructeurs italiens et à l’histoire de l’immeuble de rapport, à Tunis, conçu par les architectes italiens, type architectural nouveau, aux XIXe et XXe siècles, que nous consacrons les développements qui suivent. 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les colonies européennes, implantées à Tunis de longue date, voient leur nombre s’accroître, avec leurs institutions, leurs lieux de culte, leurs maisons, leurs lieux de divertissement. En effet, à la suite de la Promulgation de la Constitution, 1861, la propriété européenne commence à se concrétiser, vers 1871 et les

Al-Sabil 02

(Fr) Jean-Luc Arnaud – Entre vocabulaire et catégorie juridique.

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud Résumé Un plan détaillé de la ville du Caire, dressé au début des années 1890, indique les noms du propriétaire de chaque parcelle de terrain. Il comporte plusieurs centaines d’occurrences du terme waqf. Ce terme est employé dans des locutions très diverses, elles renvoient à des établissements d’origine et de confessions multiples. Ainsi, ce plan témoigne d’un important décalage entre l’acception juridique du waqf et les usages vernaculaires. Cet article examine les multiples réalités auxquelles ces usages renvoient.​ Mots-clés :​ waqf, Caire. Pour citer cet article Jean-Luc Arnaud, « Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=871 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ En 1892, le bureau de dessin du service de la voirie du Caire, alors dirigé par un ingénieur français, prépare un plan manuscrit détaillé de l’ensemble de la ville1. Ce document manuscrit, dressé dans le cadre de l’élaboration d’un projet de drainage, ne résulte pas d’un nouveau relevé, il est composé dans l’urgence par les dessinateurs à partir de la documentation disponible : plusieurs centaines de plans d’alignement qui représentent chacun une rue ou une portion de rue2. Ces plans n’indiquent pas seulement le tracé des voies mais aussi les amorces des limites des parcelles de terrain et, dans chaque unité, le nom de son « propriétaire ». A ce titre, le terme waqf (ou sa forme plurielle awqâf) apparaît plusieurs centaines de fois dans ces noms et dans des locutions de diverses formes. Le terme est employé de manière générique, il rend compte de situations très différentes en ce qui concerne le mode de possession des biens fonciers et immobiliers. Cet article se propose d’examiner les multiples réalités auxquelles ces usages renvoient. Les mentions de waqf portées sur le plan du 1892 se partagent entre deux groupes assez différents. Les plus nombreuses prennent la forme suivante : waqf untel. Le nom propre indiqué semble être celui du fondateur du waqf ; il peut être composé de son seul nom propre (waqf Bachtak), d’un nom et d’un prénom (waqf Ahmad al-Gabbas) ; quelquefois, il comporte aussi un titre religieux (waqf al-chaykh untel) ou bien civil (waqf al-ustaz al-Bayumi, waqf al-sultan Qalawûn). Enfin, la désignation du waqf indique parfois le nom de l’édifice et/ou celui donné à l’ensemble de la fondation. On trouve ainsi trois parcelles qualifiées : waqf khân Abû Tâqiyya et correspondant effectivement aux deux khân-s construits par ce prévôt des négociants du Caire vers 1614 et à un immeuble situé à proximité3. Plus rarement, le nom propre est précédé de la mention nizâra. Dans ce cas, il correspond à celui du gestionnaire (le nazir) de la fondation (waqf nizâra ‘Abd al-Fatah). Dans tous les cas, les patronymes indiqués dans ces désignations semblent correspondre à des personnes de religion musulmane. La seconde forme de désignation des biens waqf-s est générique, elle ne renvoie pas à un fondateur ou encore à un gérant particulier mais, le plus souvent, à l’instance chargée de la gestion du bien. Par ordre de fréquence décroissante, on trouve tout d’abord six appellations qui se regroupent en trois séries : 1. waqf et awqâf, 2. mulk al-awqâf et taba’ al-awqâf, 3. nizara al-awqâf et taba’ diwân al-awqaf. Si les deux dernières expressions renvoient de manière explicite au ministère (nizâra) ou bien au siège de l’administration (diwân) des fondations religieuses, c’est moins évident pour les deux premières qui sont susceptibles de désigner des fondations, connues et reconnues comme telles, mais dont le nom du fondateur, du gestionnaire ou encore du bénéficiaire aurait été oublié. Pour leur part, les expressions de la seconde série semblent, comme les suivantes, renvoyer au ministère, sans que l’on puisse en être certain. Plusieurs unités de propriété, situées à cheval entre plusieurs feuilles du plan, portent parfois des désignations différentes (waqf et mulk al-awqâf ou encore awqâf et nizâra al-awqâf). Ces différences autorisent à penser que les six expressions renvoient à une même réalité, celle du ministère des waqf-s, fondé tout d’abord pour gérer les revenus destinés aux lieux saints de Médine et La Mecque mais dont la sphère de compétence est progressivement élargie à plusieurs autres établissements bénéficiaires au cours des trente dernières années du XIXe siècle4. Ces exemples ne présentent aucune particularité, ils ne sont spécifiques ni au Caire de la fin du XIXe siècle, ni au plan en question. Mais, celui-ci comporte aussi d’autres désignations de la seconde catégorie : celles qui indiquent le nom de l’instance chargée de la gestion du bien. Elles montrent que le mot waqf, loin d’être réservé aux fondations de confession musulmane, est aussi employé pour désigner les biens des autres communautés. Le phénomène est massif ; le plan du Caire de 1892 porte plusieurs centaines de mentions

Al-Sabil 02

(Fr) Ilyes Zaafouri – La femme au hammam

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri Résumé Jellal Ben Abdallah (né en 1921) et sans doute l’un des peintres tunisiens qui a le plus contribué à forger l’image de la Tunisie et à ce qu’on appelle « la tunisianité » dans la peinture avec entre autres Zoubeir Turki (1924-2009). Le répertoire artisanal et décoratif reste l’univers essentiel de son œuvre, ainsi les hommes et surtout les femmes qu’il peint à l’intérieur des demeures, sont toujours entourés de motifs ornementaux, de faïences murales, d’arabesques, d’éléments de mobilier, d’objets d’usage domestique et de vêtements. Cette approche avait pour but de fixer les multiples aspects de la vie traditionnelle, entre autres la vie de la femme. Cette étude vise à élucider la prépondérance en Tunisie après l’indépendance, de l’un des thèmes majeurs de la peinture orientaliste à savoir la femme au hammam. Comment ce thème est-il traiter par Ben Abdallah ? Jellal Ben Abdallah (born in 1921) and undoubtedly one of the Tunisian painters who contributed the most to forging the image of Tunisia and to what we call “Tunisianness” in painting with, among others, Zoubeir Turki ( 1924-2009). The artisanal and decorative repertoire remains the essential universe of his work, thus the men and especially the women that he paints inside the homes, are always surrounded by ornamental motifs, wall tiles, arabesques, elements furniture, household items and clothing. This approach aimed to fix the multiple aspects of traditional life, including the life of women. This study aims to elucidate the preponderance in Tunisia after independence of one of the major themes of orientalist painting, namely the woman in the hammam. How is this theme treated by Ben Abdallah? Mots-clés :​ Tunisianité, femme, hammam, nu, sexualité, Jellal Ben Abdallah, peinture. Pour citer cet article Ilyes Zaafouri, « La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=829 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Depuis l’époque coloniale, le hammam occupe un rôle essentiel, dans la création picturale en Tunisie. Hérité de la peinture orientaliste, le thème est essentiellement associé à la femme. Elle est souvent représentée nue, seule ou avec plusieurs femmes. Certes, le thème de la femme au hammam ou la femme au bain, en peinture est de tradition occidentale mais il y a ce qui le justifie, dans la culture arabo-islamique. En effet, le hammam est une institution fort répandue, dans le monde arabo-musulman. C’est l’institution islamique, la plus typique, après la mosquée. Il symbolise la propreté rituelle du musulman, il est la synthèse de toutes les prescriptions coraniques, vécues au quotidien. Carrefour de la vie sociale, le hammam est considéré par la tradition populaire, comme un médecin muet. D’héritage gréco-latin, le hammam est adopté par le monde arabo-musulman afin de vivre, au quotidien, les prescriptions religieuses, concernant la propreté du corps. Il n’est point de petite bourgade ou de village qui n’ait son hammam. Depuis le Moyen-Age, il a pris une place, très importante, dans la vie sociale. Abdelwahab Bouhdiba note qu’ « à Bagdad au Xe siècle on peut estimer qu’il y avait un hammam pour 50 habitants et que le Kairouan aghlabide en contenait 1 pour 80 habitants »1. L’imagerie abondante, sur le hammam, n’est pas due seulement à son importance dans la vie sociale ou dans l’hygiène de vie mais à son caractère fortement érotisé. « Tellement d’ailleurs que le nom finit, à force de sous-entendus et d’évocations grivoises, par signifier aux yeux des masses l’acte sexuel lui-même. « aller au hammam » dans beaucoup de pays arabes signifie purement et simplement « faire l’amour ». Puisqu’ aller au hammam relève du souci d’ôter la souillure, consécutive à l’acte sexuel et puisque le hammam; de par les soins qu’il comporte, est aussi une préparation à l’acte sexuel, on peut dire que le hammam est, à la fois, conclusion et propédeutique de l’œuvre de chair. Le hammam est l’épilogue de la chair et le prologue de la prière. La conduite du hammam est une conduite pré et post-sexuelle. Purification et sexualité se relaient. Le hammam apparait comme la médiation nécessaire, entre la jouissance sexuelle où le musulman devient impur et perd sa tahara et le moment où il fait sa prière »2. Comme le décrit Abdelwahab Bouhdiba, le hammam est un lieu surévalué, sexuellement. Pas étonnant, alors, qu’il éveille autant de fantasme ; chez les peintres orientalistes, depuis le XIXème siècle. Ainsi, Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867) réalise Le Bain turc, 1862, la peinture la plus érotique de son œuvre. Il s’inspira des lettres de Lady Mary Wortley Montagu (1690-1760), femme de l’Ambassadeur d’Angleterre, à Constantinople, qui raconte une visite d’un bain, pour femmes, à Istanbul, au début du XVIIIe siècle. L’œuvre représente des dizaines de femmes turques, nues, assises dans des attitudes variées, sur des sofas, dans un intérieur oriental, autour d’un bassin. Beaucoup

Al-Sabil 02

(Fr) Faouzi Mahfoudh – la Grande mosquée de Sfax

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Résumé Cette note vise à faire connaitre un bas-relief inédit, qui se trouve actuellement scellé sur la face ouest de la tour inférieure de la Grande Mosquée de Sfax. La sculpture, qui serait d’origine aghlabide, est comparable à celles que nous rencontrons dans le mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan et dans la nef centrale de la Zitouna de Tunis ; elle nous éclaire sur l’histoire de la mosquée sfaxienne, au IXe siècle et sur la nature des échanges artistiques entre les principales villes du pays. Mots-clés :​ Sfax, bas-relief, minaret, Aghlabides, mihrâb, coquille. Pour citer cet article Faouzi Mahfoudh, « Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax», Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=757 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ La Grande Mosquée de Sfax a été fondée à l’époque aghlabide, en même temps que les remparts de la ville1. La date, retenue par les sources historiques, est 234/ 8412. En 378/988, du temps du deuxième émir ziride Abū al-Fatḥ al-Manṣūr, le monument a été totalement reconstruit. Sa moitié occidentale est délaissée et occupée, depuis, par diverses constructions. Une inscription martelée, fixée sur la façade orientale, portant le nom de l’émir et la date des travaux, atteste de cette grande transformation radicale3. Durant huit siècles, le monument a vécu, amputé de toute son aile occidentale. Celle-ci n’a été récupérée qu’à l’époque husseinite, au milieu du XVIIIe siècle. Le chroniqueur sfaxien Maḥmūd Magdīsh raconte cet épisode. Il aurait assisté aux fouilles qui ont dégagé les structures de la Mosquée initiale, cette dernière s’étendait, nous dit-il, grosso-modo, sur la superficie du monument actuel4. Les multiples travaux et la succession des interventions ont enseveli le monument primitif, dont rien ou presque ne subsiste. Par conséquent, les chercheurs se contentent de maigres indices, pour tenter de restituer le plan de l’oratoire du IXe siècle. Tous s’accordent à dire que ce dernier reprend dans ses grandes lignes le plan basilical de la Grande Mosquée de Kairouan5. De nos jours, encore, l’élément le plus représentatif de la première mosquée est son minaret à trois étages, superposés, qui se dresse dans l’angle nord-ouest de la cour. Lucien Golvin soutient qu’il a été couvert, à l’époque ziride, par une chape de pierre. Dans un journal local, il écrit : « des travaux récents de restauration dans la base du minaret ont révélé que ce que nous voyons n’est qu’une sorte de chape, un mur de pierre qui est venu se plaquer sur une tour plus ancienne, ce que devaient confirmer des sondages effectués plus haut. Quelques vestiges d’écriture sont apparus au dessus de la porte ; ils sont illisibles, mais le style de l’écriture, là encore, ne saurait embarrasser un spécialiste : elle est du IXe siècle et l’on peut alors penser que les inscriptions citées précédemment datent des travaux de restauration sans doute très importants, voire une refonte du bâtiment, mais non sa fondation primitive »6. Or, c’est précisément dans ce minaret, que nous trouvons le décor que nous publions dans cette note et qui constitue, à nos yeux, un indice archéologique, assez important et significatif mais qui n’a pas retenu l’attention de tous ceux qui se sont intéressés à la Mosquée. On ne lui trouve, à notre connaissance, aucune allusion. La monographie, consacrée à la Mosquée, ignore même son existence. Le document qui nous occupe est une plaque rectangulaire en grés marin (formation Rejiche eutyrrhénienne), qui mesure 50 sur 32 centimètres et qui se trouve encastrée dans la paroi ouest, du noyau central de la tour inférieure, à hauteur de 25 centimètres du parterre7. Il s’agit d’un bas-relief, sculpté en champlevé, dont le motif dessine un arc en plein cintre outrepassé, retombant sur deux colonnettes lisses et trapues, dotées de sommiers à trois stries horizontales et de chapiteaux ornés de feuilles lobées, sommairement ébauchées. Le tympan de l’arc est meublé d’une rosace, en forme de coquille rayonnante à la base, qui laisse pendre un fleuron éclaté, coiffant une rosace, dont ne subsistent que les 4 pétales supérieurs et le bouton central proéminent. Fig. 01. Panneau du minaret de la Grande Mosquée de Sfax. Fig. 02. Panneau du mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan. Ce motif est parfaitement datable. Il remonte assurément au IXe siècle. Il présente des ressemblances assez saisissantes, avec les panneaux de même facture, perceptibles dans le mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan. Ce dernier est, on le sait, bien daté par des textes qui le rattachent, selon les uns, à Ziyādat Allāh 221/836 (Bekri et Ibn al-Abbār) et selon les autres, à Abū Ibrāhīm Aḥmad 248/862 (Tujībī et Ibn Nājī)8. Une inscription, déchiffrée et publiée par notre ami Lotfi Abdelajaoued confirme l’origine ifriqiyenne de l’œuvre. Elle donne le nom du sculpteur : Abū al-‘Afiya Allām (ou Gulām)9 al-Andalusī. L’analyse de la paléographie

Al-Sabil 02

(Fr) Beya Abidi – Dar el-Bey d’Hammam-Lif

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe – XIXe siècles : prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi-Belhadj Table des matieres Introduction 1. De Hammat al-jazira, à Henchir Hammam-Lif : aux origines du thermalisme curatif 2. Les établissements thermaux à Hammam-Lif au XIXe siècle : Vers une architecture thermale Conclusion Résumé Le village de Hammam-Lif est situé sur des sources thermales, à 16 kilomètre de la ville de Tunis. L’intérêt pour les eaux thermales, la montagne et la mer ainsi que la mise en valeur de ces ressources ont été rythmés par des chronologies différentes. Dès le milieu du XVIIIe siècle les séjours curatifs, à Hammam-Lif, s’inscrivent dans le coutumier de la cour beylicale de Tunis. En 1747, un premier pavillon est édifié auprès des sources minérales, afin d’assurer convenablement les services des eaux, pour la famille beylicale. Il est remplacé en 1828, par un établissement thermal monumental, comprenant deux parties : l’aile dédiée à la cour beylicale et le caravansérail pour l’usage du public. Ainsi, le thermalisme est désormais l’activité dominante, de la région de Hammam-Lif. En 1883, un nouvel établissement thermal en style néo-mauresque, El-Hammam Es-Souri, est mis en chantier, à proximité de la villégiature beylicale. Aussitôt, de nombreuses constructions sont venues compléter l’ensemble existant et la ville d’eau prend naissance, pour offrir aux curistes, non seulement les meilleures conditions de soins mais, également, celles d’un séjour réussi. Cette étude de ces deux établissements thermaux nous permet de mieux apprécier les thèmes architecturaux et l’évolution de l’architecture thermale à Tunis au XVIIIe et au XIXe siècle. Pour ce faire une documentation variée est mise en œuvre. Mots-clés :​ eaux thermales, Hammam-Lif, villégiature, palais, architecture, urbanisme, hammam, établissement thermal. Pour citer cet article Beya Abidi-Belhadj, « Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe – XIXe siècles : prémices de l’architecture thermale à Tunis », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=669 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction Le traitement curatif et préventif, par les eaux thermales est d’un usage courant dans la Régence de Tunis, depuis l’antiquité. Cependant, c’est sous la dynastie des Hafsides, que la vocation curative des eaux thermales d’Hammam-Lif est mise en exergue. En effet, l’usage des installations antiques perdure durant cette époque .Cette vocation est affirmée sous les Husseinites. Parallèlement, de nouveaux établissements voient le jour, notamment à partir du XVIIIe siècle. A ce moment-là, l’activité thermale n’en est qu’à ses premiers bouillonnements ; l’établissement apparaît vétuste et les sources, mal captées. La notoriété de la station commence, réellement, en 1828, avec la construction de la première villégiature hivernale beylicale. Mais, c’est autour de 1893 que le thermalisme a pris, effectivement, son envol avec l’édification du premier établissement thermal commode afin d’offrir aux curistes, non seulement les meilleures conditions de soins mais, également, celles d’un séjour réussi, se constituant, ainsi, un patrimoine varié, thermes, casinos, villas…etc., doté d’une identité, forte et originale. 1. De Hammat al-jazira, à Henchir Hammam-Lif : aux origines du thermalisme curatif Situé à 16 kilomètres de Tunis, sur la voie du Cap-Bon et du Sahel, au débouché de la plaine de Mornag, le village de Hammam Lif est implanté sur des sources thermales, qui ont marqué l’histoire et la topographie de la région. De nombreuses ruines romaines, éparses, dans le voisinage des sources thermales et sur le flanc du Djebel Boukornine attestent que le point d’Hammam-Lif est très fréquenté et habité, pendant l’occupation romaine. Un autre indice d’occupation du site remonte à l’époque byzantine, est découvert en 1908. Il s’agit d’un archevêché byzantin, situé dans la zone, dite « le coup de sabre ». Au moyen âge, l’histoire de la région reste floue voire obscure. D’ailleurs, il est rare, dans les écrits arabes, de trouver le nom de cette localité, d’où son rôle insignifiant, à cette époque-là. Il faudra, donc, attendre le cinquième siècle de l’Hégire, pour voir Al-Maliki, relater dans ses écrits, la dénomination de Hammat el- Djazera1, nom donné à cette ville souligne-t-il. C’est par la suite, Al-Bakri, qui évoque le nom de Ribat Al-hamma, en découvrant cet endroit. Il rapporte, également, dans son livre cette source d’eau chaude est considérable et que maintes fois on en a reconnu l’efficacité2. Plus tard, les auteurs arabes fournissent des descriptions, encore plus détaillées. Mais, toutes ces sources ne signalent la présence d’une population fixe et des habitations, autour des sources des eaux thermales, qui faisaient la célébrité de cette région. Toutefois, c’est à l’époque moderne, que le nom de Hammam-Lif est attribué à cette localité. Cette désignation est inspirée du fait que cette ville est située au nez de la montagne de Boukornine. Ibn Abi Dinar est, à cet effet, le premier historien, à citer le nom de Hammam-Lif, en précisant dans ses écrits, qu’il s’agit d’une petite ville, construite par les Andalous3. Depuis, toutes les sources utilisent cette nomination, pour désigner cette région, d’où le nom d’Hammam-Lif est utilisé, du moins à partir du

Retour en haut