Au tournant des années 1940, la Tunisie connaît les retombées et les conséquences
des affrontements entre forces alliées et forces allemandes de la Seconde Guerre
mondiale. Plusieurs villes, villages, routes, ponts, voies ferrées sont bombardés et
ruinés. La population compte un grand nombre de sinistrés sans abri sans oublier les
conditions de logement dans les quartiers surpeuplés des villes et de l’habitat
précaire des gourbis ruraux. L’état des lieux nécessite une intervention urgente et
efficace pour relever le pays et reloger les populations européennes et musulmanes
sans abri. En 1943, le gouvernement de la France Libre décide de mettre sur pied les
moyens et les ressources nécessaires à l’équipement, à la construction
d’infrastructures, de logements et de quartiers neufs en zones rurale ou urbaine. Un
vaste programme d’habitat est lancé. Il concerne le recasement des populations
sinistrées et pour la première fois, la prise en compte du relogement et de l’habitat
des populations musulmanes, l’assainissement des centres urbains et la décongestion
des quartiers surpeuplés. Les Services d’Architecture et d’Urbanisme feront appel à
des concepteurs pétris de principes modernes et observateurs des réalités du terrain
tunisien et particulièrement de son architecture vernaculaire. C’est au paysage et aux
enjeux de cette « aventure » de la Reconstruction (1943-1955), que se consacre cet
article centré sur la question du relogement des populations musulmanes au sein des
opérations de Recasement.
Mots-clés :
Tunisie, Reconstruction, recasement musulman, maisons à cour, maison à salle
commune, architecture et urbanisme.
Pour citer cet article
Narjes Ben Abdelghani et Leïla Ammar, « Maison à cour et logements de
recasement pour les populations musulmanes en Tunisie pendant la reconstruction,
1943-1955 », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°5,
Année 2018.