(Fr) Leila Ammar – Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport
Index Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur Information A propos Al-Sabil Numéros en texte intégral Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leïla Ammar Table des matieres Introduction 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle 2- Les bâtisseurs italiens, architectes, ingénieurs, constructeurs, entrepreneurs, artisans du bâtiment 3- L’immeuble de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle Conclusion Résumé Nul doute que dans le domaine de l’édilité urbaine et des chantiers urbains à Tunis entre 1895 et 1935 les bâtisseurs italiens n’aient joué un rôle majeur. C’est leur langue qu’on entendait dans les chantiers massivement à côté du français et ce sont les architectes et maîtres d’œuvre italiens qui ont façonné une large partie du paysage architectural et urbain de Tunis. Leur influence sur la culture locale s’est fait ressentir naturellement dans les constructions qu’ils ont édifiées. Certains sont nés et ont été formés à Tunis, d’autres ont poursuivi leur formation initiale dans les Ecoles des Beaux-Arts françaises, d’autres encore ont quitté la péninsule pour le Maghreb et sont arrivés à Tunis après un détour par Alger. D’autres encore après une formation et un passage par Tunis ont émigré au Maroc ou en Algérie. Les architectes et entrepreneurs italiens souvent anonymes ont réalisé la plus grande part des édifices privés à Tunis de l’immeuble de rapport urbain à la villa de banlieue. Du maçon sicilien à l’architecte renommé, ils ont participé et contribué par leur présence massive et qualitative au renouvellement des formes architecturales de la ville de Tunis et des idées qui y prévalaient en matière d’architecture. Cette contribution qui se consacre aux nouvelles typologies architecturales produites par les architectes italiens à Tunis et notamment à l’immeuble de rapport de 1895 à 1935 appelle des travaux à venir pour suivre les réseaux et les trajectoires de ces acteurs, leurs biographies professionnelles et leurs mobilités dans l’histoire de la Tunisie comme au Maghreb. Mais aussi pour approfondir notre connaissance de la culture architecturale italienne et de ses rapports avec la culture architecturale locale à cette période et pour mieux comprendre ce que l’on entend généralement et un peu rapidement par « facture italienne » ou influence italienne. Mots-clés : architectes et bâtisseurs italiens, Tunis, immeuble de rapport, culture architecturale italienne. Pour citer cet article Leïla Ammar, « Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=961 Téléchargement Cliquez pour télécharger l’article Texte intégral Introduction Durant la seconde moitié du XIXe siècle, Tunis connaît à l’instar des grandes capitales méditerranéennes de l’Empire ottoman, les prémices de changements significatifs et décisifs, au plan de l’organisation institutionnelle, de la forme urbaine comme au plan des typologies architecturales. Avec l’amorce d’une ville neuve, pensée et mise en place, dès 1850, par les autorités beylicales, les contenus spatiaux évoluent, en s’ouvrant aux influences européennes. En effet, de nouvelles techniques et pensées de l’espace urbain ont été exportées ou importées, au XIXe siècle en Méditerranée, au Maghreb et au Moyen-Orient, soit par des Etats souverains, tels l’Empire ottoman ou l’Egypte de Muhammad cAli, soit imposées, dans le cadre de politiques coloniales ou de protectorat, comme ce sera le cas en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Lybie. A la faveur de la pénétration occidentale et de la circulation des idées et des techniques modernes, les villes de ces régions connaissent des transformations notoires, aux plans urbain et architectural. De nouvelles formes architecturales naissent à Tunis, à la fin du XIXe siècle, issues de la pression démographique, des nouvelles stratégies socialesv, de la recomposition de la population urbaine et des nouveaux enjeux fonciers et spéculatifs. Les maisons et immeubles de rapport, les funduq (fanadiq) et wakala (wakalat) du XIXe siècle, les culuw (étages), les hôtels particuliers témoignent dans ces villes d’un véritable renouvellement architectural, en rupture avec les formes architecturales traditionnelles. A Tunis, la maison de rapport, l’immeuble de rapport ou la villa sont des formes originales, nées de la confrontation entre des modèles européens empruntés et les réalités urbaines du contexte local. C’est à la maîtrise d’œuvre, aux constructeurs italiens et à l’histoire de l’immeuble de rapport, à Tunis, conçu par les architectes italiens, type architectural nouveau, aux XIXe et XXe siècles, que nous consacrons les développements qui suivent. 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les colonies européennes, implantées à Tunis de longue date, voient leur nombre s’accroître, avec leurs institutions, leurs lieux de culte, leurs maisons, leurs lieux de divertissement. En effet, à la suite de la Promulgation de la Constitution, 1861, la propriété européenne commence à se concrétiser, vers 1871 et les