Al-Sabil 02

(Fr) Leila Ammar – Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leïla Ammar Table des matieres Introduction 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle 2- Les bâtisseurs italiens, architectes, ingénieurs, constructeurs, entrepreneurs, artisans du bâtiment 3- L’immeuble de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle Conclusion Résumé Nul doute que dans le domaine de l’édilité urbaine et des chantiers urbains à Tunis entre 1895 et 1935 les bâtisseurs italiens n’aient joué un rôle majeur. C’est leur langue qu’on entendait dans les chantiers massivement à côté du français et ce sont les architectes et maîtres d’œuvre italiens qui ont façonné une large partie du paysage architectural et urbain de Tunis. Leur influence sur la culture locale s’est fait ressentir naturellement dans les constructions qu’ils ont édifiées. Certains sont nés et ont été formés à Tunis, d’autres ont poursuivi leur formation initiale dans les Ecoles des Beaux-Arts françaises, d’autres encore ont quitté la péninsule pour le Maghreb et sont arrivés à Tunis après un détour par Alger. D’autres encore après une formation et un passage par Tunis ont émigré au Maroc ou en Algérie. Les architectes et entrepreneurs italiens souvent anonymes ont réalisé la plus grande part des édifices privés à Tunis de l’immeuble de rapport urbain à la villa de banlieue. Du maçon sicilien à l’architecte renommé, ils ont participé et contribué par leur présence massive et qualitative au renouvellement des formes architecturales de la ville de Tunis et des idées qui y prévalaient en matière d’architecture. Cette contribution qui se consacre aux nouvelles typologies architecturales produites par les architectes italiens à Tunis et notamment à l’immeuble de rapport de 1895 à 1935 appelle des travaux à venir pour suivre les réseaux et les trajectoires de ces acteurs, leurs biographies professionnelles et leurs mobilités dans l’histoire de la Tunisie comme au Maghreb. Mais aussi pour approfondir notre connaissance de la culture architecturale italienne et de ses rapports avec la culture architecturale locale à cette période et pour mieux comprendre ce que l’on entend généralement et un peu rapidement par « facture italienne » ou influence italienne. Mots-clés :​ architectes et bâtisseurs italiens, Tunis, immeuble de rapport, culture architecturale italienne. Pour citer cet article Leïla Ammar, « Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=961 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction Durant la seconde moitié du XIXe siècle, Tunis connaît à l’instar des grandes capitales méditerranéennes de l’Empire ottoman, les prémices de changements significatifs et décisifs, au plan de l’organisation institutionnelle, de la forme urbaine comme au plan des typologies architecturales. Avec l’amorce d’une ville neuve, pensée et mise en place, dès 1850, par les autorités beylicales, les contenus spatiaux évoluent, en s’ouvrant aux influences européennes. En effet, de nouvelles techniques et pensées de l’espace urbain ont été exportées ou importées, au XIXe siècle en Méditerranée, au Maghreb et au Moyen-Orient, soit par des Etats souverains, tels l’Empire ottoman ou l’Egypte de Muhammad cAli, soit imposées, dans le cadre de politiques coloniales ou de protectorat, comme ce sera le cas en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Lybie. A la faveur de la pénétration occidentale et de la circulation des idées et des techniques modernes, les villes de ces régions connaissent des transformations notoires, aux plans urbain et architectural. De nouvelles formes architecturales naissent à Tunis, à la fin du XIXe siècle, issues de la pression démographique, des nouvelles stratégies socialesv, de la recomposition de la population urbaine et des nouveaux enjeux fonciers et spéculatifs. Les maisons et immeubles de rapport, les funduq (fanadiq) et wakala (wakalat) du XIXe siècle, les culuw (étages), les hôtels particuliers témoignent dans ces villes d’un véritable renouvellement architectural, en rupture avec les formes architecturales traditionnelles. A Tunis, la maison de rapport, l’immeuble de rapport ou la villa sont des formes originales, nées de la confrontation entre des modèles européens empruntés et les réalités urbaines du contexte local. C’est à la maîtrise d’œuvre, aux constructeurs italiens et à l’histoire de l’immeuble de rapport, à Tunis, conçu par les architectes italiens, type architectural nouveau, aux XIXe et XXe siècles, que nous consacrons les développements qui suivent. 1. Le rôle et la place de la communauté italienne, dans la ville au XIXe siècle et au début du XXesiècle Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les colonies européennes, implantées à Tunis de longue date, voient leur nombre s’accroître, avec leurs institutions, leurs lieux de culte, leurs maisons, leurs lieux de divertissement. En effet, à la suite de la Promulgation de la Constitution, 1861, la propriété européenne commence à se concrétiser, vers 1871 et les

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(Fr) Jean-Luc Arnaud – Entre vocabulaire et catégorie juridique.

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud Résumé Un plan détaillé de la ville du Caire, dressé au début des années 1890, indique les noms du propriétaire de chaque parcelle de terrain. Il comporte plusieurs centaines d’occurrences du terme waqf. Ce terme est employé dans des locutions très diverses, elles renvoient à des établissements d’origine et de confessions multiples. Ainsi, ce plan témoigne d’un important décalage entre l’acception juridique du waqf et les usages vernaculaires. Cet article examine les multiples réalités auxquelles ces usages renvoient.​ Mots-clés :​ waqf, Caire. Pour citer cet article Jean-Luc Arnaud, « Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=871 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ En 1892, le bureau de dessin du service de la voirie du Caire, alors dirigé par un ingénieur français, prépare un plan manuscrit détaillé de l’ensemble de la ville1. Ce document manuscrit, dressé dans le cadre de l’élaboration d’un projet de drainage, ne résulte pas d’un nouveau relevé, il est composé dans l’urgence par les dessinateurs à partir de la documentation disponible : plusieurs centaines de plans d’alignement qui représentent chacun une rue ou une portion de rue2. Ces plans n’indiquent pas seulement le tracé des voies mais aussi les amorces des limites des parcelles de terrain et, dans chaque unité, le nom de son « propriétaire ». A ce titre, le terme waqf (ou sa forme plurielle awqâf) apparaît plusieurs centaines de fois dans ces noms et dans des locutions de diverses formes. Le terme est employé de manière générique, il rend compte de situations très différentes en ce qui concerne le mode de possession des biens fonciers et immobiliers. Cet article se propose d’examiner les multiples réalités auxquelles ces usages renvoient. Les mentions de waqf portées sur le plan du 1892 se partagent entre deux groupes assez différents. Les plus nombreuses prennent la forme suivante : waqf untel. Le nom propre indiqué semble être celui du fondateur du waqf ; il peut être composé de son seul nom propre (waqf Bachtak), d’un nom et d’un prénom (waqf Ahmad al-Gabbas) ; quelquefois, il comporte aussi un titre religieux (waqf al-chaykh untel) ou bien civil (waqf al-ustaz al-Bayumi, waqf al-sultan Qalawûn). Enfin, la désignation du waqf indique parfois le nom de l’édifice et/ou celui donné à l’ensemble de la fondation. On trouve ainsi trois parcelles qualifiées : waqf khân Abû Tâqiyya et correspondant effectivement aux deux khân-s construits par ce prévôt des négociants du Caire vers 1614 et à un immeuble situé à proximité3. Plus rarement, le nom propre est précédé de la mention nizâra. Dans ce cas, il correspond à celui du gestionnaire (le nazir) de la fondation (waqf nizâra ‘Abd al-Fatah). Dans tous les cas, les patronymes indiqués dans ces désignations semblent correspondre à des personnes de religion musulmane. La seconde forme de désignation des biens waqf-s est générique, elle ne renvoie pas à un fondateur ou encore à un gérant particulier mais, le plus souvent, à l’instance chargée de la gestion du bien. Par ordre de fréquence décroissante, on trouve tout d’abord six appellations qui se regroupent en trois séries : 1. waqf et awqâf, 2. mulk al-awqâf et taba’ al-awqâf, 3. nizara al-awqâf et taba’ diwân al-awqaf. Si les deux dernières expressions renvoient de manière explicite au ministère (nizâra) ou bien au siège de l’administration (diwân) des fondations religieuses, c’est moins évident pour les deux premières qui sont susceptibles de désigner des fondations, connues et reconnues comme telles, mais dont le nom du fondateur, du gestionnaire ou encore du bénéficiaire aurait été oublié. Pour leur part, les expressions de la seconde série semblent, comme les suivantes, renvoyer au ministère, sans que l’on puisse en être certain. Plusieurs unités de propriété, situées à cheval entre plusieurs feuilles du plan, portent parfois des désignations différentes (waqf et mulk al-awqâf ou encore awqâf et nizâra al-awqâf). Ces différences autorisent à penser que les six expressions renvoient à une même réalité, celle du ministère des waqf-s, fondé tout d’abord pour gérer les revenus destinés aux lieux saints de Médine et La Mecque mais dont la sphère de compétence est progressivement élargie à plusieurs autres établissements bénéficiaires au cours des trente dernières années du XIXe siècle4. Ces exemples ne présentent aucune particularité, ils ne sont spécifiques ni au Caire de la fin du XIXe siècle, ni au plan en question. Mais, celui-ci comporte aussi d’autres désignations de la seconde catégorie : celles qui indiquent le nom de l’instance chargée de la gestion du bien. Elles montrent que le mot waqf, loin d’être réservé aux fondations de confession musulmane, est aussi employé pour désigner les biens des autres communautés. Le phénomène est massif ; le plan du Caire de 1892 porte plusieurs centaines de mentions

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(Fr) Ilyes Zaafouri – La femme au hammam

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri Résumé Jellal Ben Abdallah (né en 1921) et sans doute l’un des peintres tunisiens qui a le plus contribué à forger l’image de la Tunisie et à ce qu’on appelle « la tunisianité » dans la peinture avec entre autres Zoubeir Turki (1924-2009). Le répertoire artisanal et décoratif reste l’univers essentiel de son œuvre, ainsi les hommes et surtout les femmes qu’il peint à l’intérieur des demeures, sont toujours entourés de motifs ornementaux, de faïences murales, d’arabesques, d’éléments de mobilier, d’objets d’usage domestique et de vêtements. Cette approche avait pour but de fixer les multiples aspects de la vie traditionnelle, entre autres la vie de la femme. Cette étude vise à élucider la prépondérance en Tunisie après l’indépendance, de l’un des thèmes majeurs de la peinture orientaliste à savoir la femme au hammam. Comment ce thème est-il traiter par Ben Abdallah ? Jellal Ben Abdallah (born in 1921) and undoubtedly one of the Tunisian painters who contributed the most to forging the image of Tunisia and to what we call “Tunisianness” in painting with, among others, Zoubeir Turki ( 1924-2009). The artisanal and decorative repertoire remains the essential universe of his work, thus the men and especially the women that he paints inside the homes, are always surrounded by ornamental motifs, wall tiles, arabesques, elements furniture, household items and clothing. This approach aimed to fix the multiple aspects of traditional life, including the life of women. This study aims to elucidate the preponderance in Tunisia after independence of one of the major themes of orientalist painting, namely the woman in the hammam. How is this theme treated by Ben Abdallah? Mots-clés :​ Tunisianité, femme, hammam, nu, sexualité, Jellal Ben Abdallah, peinture. Pour citer cet article Ilyes Zaafouri, « La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=829 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Depuis l’époque coloniale, le hammam occupe un rôle essentiel, dans la création picturale en Tunisie. Hérité de la peinture orientaliste, le thème est essentiellement associé à la femme. Elle est souvent représentée nue, seule ou avec plusieurs femmes. Certes, le thème de la femme au hammam ou la femme au bain, en peinture est de tradition occidentale mais il y a ce qui le justifie, dans la culture arabo-islamique. En effet, le hammam est une institution fort répandue, dans le monde arabo-musulman. C’est l’institution islamique, la plus typique, après la mosquée. Il symbolise la propreté rituelle du musulman, il est la synthèse de toutes les prescriptions coraniques, vécues au quotidien. Carrefour de la vie sociale, le hammam est considéré par la tradition populaire, comme un médecin muet. D’héritage gréco-latin, le hammam est adopté par le monde arabo-musulman afin de vivre, au quotidien, les prescriptions religieuses, concernant la propreté du corps. Il n’est point de petite bourgade ou de village qui n’ait son hammam. Depuis le Moyen-Age, il a pris une place, très importante, dans la vie sociale. Abdelwahab Bouhdiba note qu’ « à Bagdad au Xe siècle on peut estimer qu’il y avait un hammam pour 50 habitants et que le Kairouan aghlabide en contenait 1 pour 80 habitants »1. L’imagerie abondante, sur le hammam, n’est pas due seulement à son importance dans la vie sociale ou dans l’hygiène de vie mais à son caractère fortement érotisé. « Tellement d’ailleurs que le nom finit, à force de sous-entendus et d’évocations grivoises, par signifier aux yeux des masses l’acte sexuel lui-même. « aller au hammam » dans beaucoup de pays arabes signifie purement et simplement « faire l’amour ». Puisqu’ aller au hammam relève du souci d’ôter la souillure, consécutive à l’acte sexuel et puisque le hammam; de par les soins qu’il comporte, est aussi une préparation à l’acte sexuel, on peut dire que le hammam est, à la fois, conclusion et propédeutique de l’œuvre de chair. Le hammam est l’épilogue de la chair et le prologue de la prière. La conduite du hammam est une conduite pré et post-sexuelle. Purification et sexualité se relaient. Le hammam apparait comme la médiation nécessaire, entre la jouissance sexuelle où le musulman devient impur et perd sa tahara et le moment où il fait sa prière »2. Comme le décrit Abdelwahab Bouhdiba, le hammam est un lieu surévalué, sexuellement. Pas étonnant, alors, qu’il éveille autant de fantasme ; chez les peintres orientalistes, depuis le XIXème siècle. Ainsi, Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867) réalise Le Bain turc, 1862, la peinture la plus érotique de son œuvre. Il s’inspira des lettres de Lady Mary Wortley Montagu (1690-1760), femme de l’Ambassadeur d’Angleterre, à Constantinople, qui raconte une visite d’un bain, pour femmes, à Istanbul, au début du XVIIIe siècle. L’œuvre représente des dizaines de femmes turques, nues, assises dans des attitudes variées, sur des sofas, dans un intérieur oriental, autour d’un bassin. Beaucoup

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(Fr) Faouzi Mahfoudh – la Grande mosquée de Sfax

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Résumé Cette note vise à faire connaitre un bas-relief inédit, qui se trouve actuellement scellé sur la face ouest de la tour inférieure de la Grande Mosquée de Sfax. La sculpture, qui serait d’origine aghlabide, est comparable à celles que nous rencontrons dans le mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan et dans la nef centrale de la Zitouna de Tunis ; elle nous éclaire sur l’histoire de la mosquée sfaxienne, au IXe siècle et sur la nature des échanges artistiques entre les principales villes du pays. Mots-clés :​ Sfax, bas-relief, minaret, Aghlabides, mihrâb, coquille. Pour citer cet article Faouzi Mahfoudh, « Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax», Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=757 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ La Grande Mosquée de Sfax a été fondée à l’époque aghlabide, en même temps que les remparts de la ville1. La date, retenue par les sources historiques, est 234/ 8412. En 378/988, du temps du deuxième émir ziride Abū al-Fatḥ al-Manṣūr, le monument a été totalement reconstruit. Sa moitié occidentale est délaissée et occupée, depuis, par diverses constructions. Une inscription martelée, fixée sur la façade orientale, portant le nom de l’émir et la date des travaux, atteste de cette grande transformation radicale3. Durant huit siècles, le monument a vécu, amputé de toute son aile occidentale. Celle-ci n’a été récupérée qu’à l’époque husseinite, au milieu du XVIIIe siècle. Le chroniqueur sfaxien Maḥmūd Magdīsh raconte cet épisode. Il aurait assisté aux fouilles qui ont dégagé les structures de la Mosquée initiale, cette dernière s’étendait, nous dit-il, grosso-modo, sur la superficie du monument actuel4. Les multiples travaux et la succession des interventions ont enseveli le monument primitif, dont rien ou presque ne subsiste. Par conséquent, les chercheurs se contentent de maigres indices, pour tenter de restituer le plan de l’oratoire du IXe siècle. Tous s’accordent à dire que ce dernier reprend dans ses grandes lignes le plan basilical de la Grande Mosquée de Kairouan5. De nos jours, encore, l’élément le plus représentatif de la première mosquée est son minaret à trois étages, superposés, qui se dresse dans l’angle nord-ouest de la cour. Lucien Golvin soutient qu’il a été couvert, à l’époque ziride, par une chape de pierre. Dans un journal local, il écrit : « des travaux récents de restauration dans la base du minaret ont révélé que ce que nous voyons n’est qu’une sorte de chape, un mur de pierre qui est venu se plaquer sur une tour plus ancienne, ce que devaient confirmer des sondages effectués plus haut. Quelques vestiges d’écriture sont apparus au dessus de la porte ; ils sont illisibles, mais le style de l’écriture, là encore, ne saurait embarrasser un spécialiste : elle est du IXe siècle et l’on peut alors penser que les inscriptions citées précédemment datent des travaux de restauration sans doute très importants, voire une refonte du bâtiment, mais non sa fondation primitive »6. Or, c’est précisément dans ce minaret, que nous trouvons le décor que nous publions dans cette note et qui constitue, à nos yeux, un indice archéologique, assez important et significatif mais qui n’a pas retenu l’attention de tous ceux qui se sont intéressés à la Mosquée. On ne lui trouve, à notre connaissance, aucune allusion. La monographie, consacrée à la Mosquée, ignore même son existence. Le document qui nous occupe est une plaque rectangulaire en grés marin (formation Rejiche eutyrrhénienne), qui mesure 50 sur 32 centimètres et qui se trouve encastrée dans la paroi ouest, du noyau central de la tour inférieure, à hauteur de 25 centimètres du parterre7. Il s’agit d’un bas-relief, sculpté en champlevé, dont le motif dessine un arc en plein cintre outrepassé, retombant sur deux colonnettes lisses et trapues, dotées de sommiers à trois stries horizontales et de chapiteaux ornés de feuilles lobées, sommairement ébauchées. Le tympan de l’arc est meublé d’une rosace, en forme de coquille rayonnante à la base, qui laisse pendre un fleuron éclaté, coiffant une rosace, dont ne subsistent que les 4 pétales supérieurs et le bouton central proéminent. Fig. 01. Panneau du minaret de la Grande Mosquée de Sfax. Fig. 02. Panneau du mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan. Ce motif est parfaitement datable. Il remonte assurément au IXe siècle. Il présente des ressemblances assez saisissantes, avec les panneaux de même facture, perceptibles dans le mihrâb de la Grande Mosquée de Kairouan. Ce dernier est, on le sait, bien daté par des textes qui le rattachent, selon les uns, à Ziyādat Allāh 221/836 (Bekri et Ibn al-Abbār) et selon les autres, à Abū Ibrāhīm Aḥmad 248/862 (Tujībī et Ibn Nājī)8. Une inscription, déchiffrée et publiée par notre ami Lotfi Abdelajaoued confirme l’origine ifriqiyenne de l’œuvre. Elle donne le nom du sculpteur : Abū al-‘Afiya Allām (ou Gulām)9 al-Andalusī. L’analyse de la paléographie

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(Fr) Beya Abidi – Dar el-Bey d’Hammam-Lif

Index​ Table des matières Résumé Téléchargement Texte Intégral Notes Bibliographie Auteur​ Information A propos Al-Sabil​ Numéros en texte intégral​ Essai stratigraphique de deux demeures du fahs algérois, Djnân Lakhdar et Djnán Mahieddine Samia Chergui Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe-XIXe siècles: prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi Belhadj Maîtres d’œuvre italiens et immeubles de rapport à Tunis, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1895-1935) Leila Ammar Note sur un décor aghlabide inédit, de la Grande mosquée de Sfax Faouzi Mahfoudh Entre vocabulaire et catégorie juridique. Usages du terme waqf au Caire à la fin du XIXe siècle Jean-Luc Arnaud L’enseignement de l’architecture au Centre d’Enseignement d’Art de Tunis (1923-1930) Faiza Matri La femme au hammam dans l’œuvre du peintre Jellal Ben Abdallah Ilyes Zaafouri نقش تخليدي من العهد الحفصي بمقام عبد الله بن أبي زيد القيرواني لطفي عبد الجواد التّـأثـيـرات التّـركـيّـة فـي مـعـمار المـساجـد التّـونـسـيّـة وزخـرفـتـها بالـعـصـر الحـديـث (جـامـع مـحـمّـد بـاي الـمـرادي أنـمـوذجـا) شيراز مصباح دار الباي بمدينة القيروان بين القرن الثامن عشر والقرن العشرين منى كمون 02 | 2016 Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe – XIXe siècles : prémices de l’architecture thermale à Tunis Beya Abidi-Belhadj Table des matieres Introduction 1. De Hammat al-jazira, à Henchir Hammam-Lif : aux origines du thermalisme curatif 2. Les établissements thermaux à Hammam-Lif au XIXe siècle : Vers une architecture thermale Conclusion Résumé Le village de Hammam-Lif est situé sur des sources thermales, à 16 kilomètre de la ville de Tunis. L’intérêt pour les eaux thermales, la montagne et la mer ainsi que la mise en valeur de ces ressources ont été rythmés par des chronologies différentes. Dès le milieu du XVIIIe siècle les séjours curatifs, à Hammam-Lif, s’inscrivent dans le coutumier de la cour beylicale de Tunis. En 1747, un premier pavillon est édifié auprès des sources minérales, afin d’assurer convenablement les services des eaux, pour la famille beylicale. Il est remplacé en 1828, par un établissement thermal monumental, comprenant deux parties : l’aile dédiée à la cour beylicale et le caravansérail pour l’usage du public. Ainsi, le thermalisme est désormais l’activité dominante, de la région de Hammam-Lif. En 1883, un nouvel établissement thermal en style néo-mauresque, El-Hammam Es-Souri, est mis en chantier, à proximité de la villégiature beylicale. Aussitôt, de nombreuses constructions sont venues compléter l’ensemble existant et la ville d’eau prend naissance, pour offrir aux curistes, non seulement les meilleures conditions de soins mais, également, celles d’un séjour réussi. Cette étude de ces deux établissements thermaux nous permet de mieux apprécier les thèmes architecturaux et l’évolution de l’architecture thermale à Tunis au XVIIIe et au XIXe siècle. Pour ce faire une documentation variée est mise en œuvre. Mots-clés :​ eaux thermales, Hammam-Lif, villégiature, palais, architecture, urbanisme, hammam, établissement thermal. Pour citer cet article Beya Abidi-Belhadj, « Dar el-Bey d’Hammam-Lif aux XVIIIe – XIXe siècles : prémices de l’architecture thermale à Tunis », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°02, Année 2016. URL : http://www.al-sabil.tn/?p=669 Téléchargement​ Cliquez pour télécharger l’article​ Texte intégral​ Introduction Le traitement curatif et préventif, par les eaux thermales est d’un usage courant dans la Régence de Tunis, depuis l’antiquité. Cependant, c’est sous la dynastie des Hafsides, que la vocation curative des eaux thermales d’Hammam-Lif est mise en exergue. En effet, l’usage des installations antiques perdure durant cette époque .Cette vocation est affirmée sous les Husseinites. Parallèlement, de nouveaux établissements voient le jour, notamment à partir du XVIIIe siècle. A ce moment-là, l’activité thermale n’en est qu’à ses premiers bouillonnements ; l’établissement apparaît vétuste et les sources, mal captées. La notoriété de la station commence, réellement, en 1828, avec la construction de la première villégiature hivernale beylicale. Mais, c’est autour de 1893 que le thermalisme a pris, effectivement, son envol avec l’édification du premier établissement thermal commode afin d’offrir aux curistes, non seulement les meilleures conditions de soins mais, également, celles d’un séjour réussi, se constituant, ainsi, un patrimoine varié, thermes, casinos, villas…etc., doté d’une identité, forte et originale. 1. De Hammat al-jazira, à Henchir Hammam-Lif : aux origines du thermalisme curatif Situé à 16 kilomètres de Tunis, sur la voie du Cap-Bon et du Sahel, au débouché de la plaine de Mornag, le village de Hammam Lif est implanté sur des sources thermales, qui ont marqué l’histoire et la topographie de la région. De nombreuses ruines romaines, éparses, dans le voisinage des sources thermales et sur le flanc du Djebel Boukornine attestent que le point d’Hammam-Lif est très fréquenté et habité, pendant l’occupation romaine. Un autre indice d’occupation du site remonte à l’époque byzantine, est découvert en 1908. Il s’agit d’un archevêché byzantin, situé dans la zone, dite « le coup de sabre ». Au moyen âge, l’histoire de la région reste floue voire obscure. D’ailleurs, il est rare, dans les écrits arabes, de trouver le nom de cette localité, d’où son rôle insignifiant, à cette époque-là. Il faudra, donc, attendre le cinquième siècle de l’Hégire, pour voir Al-Maliki, relater dans ses écrits, la dénomination de Hammat el- Djazera1, nom donné à cette ville souligne-t-il. C’est par la suite, Al-Bakri, qui évoque le nom de Ribat Al-hamma, en découvrant cet endroit. Il rapporte, également, dans son livre cette source d’eau chaude est considérable et que maintes fois on en a reconnu l’efficacité2. Plus tard, les auteurs arabes fournissent des descriptions, encore plus détaillées. Mais, toutes ces sources ne signalent la présence d’une population fixe et des habitations, autour des sources des eaux thermales, qui faisaient la célébrité de cette région. Toutefois, c’est à l’époque moderne, que le nom de Hammam-Lif est attribué à cette localité. Cette désignation est inspirée du fait que cette ville est située au nez de la montagne de Boukornine. Ibn Abi Dinar est, à cet effet, le premier historien, à citer le nom de Hammam-Lif, en précisant dans ses écrits, qu’il s’agit d’une petite ville, construite par les Andalous3. Depuis, toutes les sources utilisent cette nomination, pour désigner cette région, d’où le nom d’Hammam-Lif est utilisé, du moins à partir du

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