Parmi l’ensemble des formes d’habitat précaire, présentes dans la médina de Tunis, il y
a le phénomène d’« ouklisation », qui s’est beaucoup développé, après la révolution de 2011. Il
s’agit d’un mode particulier d’habitat, consistant en occupation illégale, des bâtiments vides de
la médina.
L’école primaire de la rue du Tribunal, autrefois destinée à la scolarisation de la communauté
juive de Tunis, connait en particulier, une histoire tumultueuse. Ce bâtiment, demeuré à
l’abandon, pendant plusieurs années, s’est trouvé, depuis 2011, squatté anarchiquement, par des
familles, à faibles revenus, sans qu’elles en aient acquis la propriété.
L’oukalisation de l’école est considérée, comme un parfait modèle révélateur, de la mise en
place de l’habitat précaire. En effet, cette école Oukalisée présente les différentes facettes de la
précarité ; des problèmes d’insalubrité, de danger et d’entassement de la population, dans des
conditions inhumaines. De même, elle présente la manière, dont les habitants pensent et
construisent, par eux-mêmes, sans l’assistance de concepteurs professionnels, leur propre
espace habité.
Cet article, qui porte sur la fabrique de l’habitat précaire, révèle un intérêt, tout particulier, sur
l’appropriation de l’espace, déjà bâti, par les nouveaux usagers et sur l’ensemble des stratégies,
adaptées pour modeler l’espace squatté et le rendre habitable, au mieux selon leurs critères,
leurs attentes et leurs pratiques.
Mots-clés :
Habitat précaire, Oukala, Oukalisation, médina de Tunis, appropriation de l’espace,
squatteurs
Pour citer cet article
Khadija Derbel, « L"oukalisation" de l'école primaire de la rue du Tribunal : une question
d'appropriation de l'espace », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°03,
Année 2017.