En Tunisie, le paysage architectural reste très hétéroclite, il s’exprime souvent à travers
une architecture qui a du mal à se définir, oscillant entre une globalisation grandissante et une
référenciation locale donnant lieu à de nombreuses hybridations. Ces dernières sont très
aléatoires car non conçues sur la base d’une réflexion savante.
"L’Arabisance", ordre esthétique qui s’est développé sous le protectorat français, se
distingue par une première tendance (1900-1930) s’attachant à la valeur symbolique des
éléments de l’architecture traditionnelle. Une autre tendance, l’"arabisance abstraite", va
paradoxalement rompre avec les préceptes de ce style en excluant tout motif arabisant. Cette
seconde tendance, apparue dans les années quarante, va tenter de concilier les concepts
véhiculés par l’architecture moderne à cette époque et l’essence des typologies et des principes
constructifs de l’architecture mineure Tunisienne. C’est cette deuxième approche qui nous
intéresse.
Parmi la production des années quarante, celle de Jacques Marmey est souvent citée et
reconnue comme étant hybride. Si l’hybridation soulevée n’est pas exclusive à cet architecte,
la cohérence qui lui est reconnue, l’est beaucoup plus.
A travers l’une de ses œuvres les plus marquantes, "le lycée de Carthage", nous nous proposons
de définir l’hybridation mise en œuvre par Marmey dans le processus de conception engagé.
Dévoiler cette démarche réflexive pourrait, dans une certaine mesure, constituer une "leçon"
pour une conception contemporaine en faveur d’une architecture actuelle intégrée.
Mots-clés :
processus de conception, hybridation, universel, cohérence, modernité,
régionalisme.
Pour citer cet article
Alia Belhaj Hamouda Cherif, « Du global au local : le processus d'hybridation chez Jacques
Marmey », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°05,
Année 2018.