L’article s’interroge sur la notion et l’usage du patrimoine au Maghreb et en Tunisie selon
différentes temporalités, la période du protectorat, la Tunisie indépendante, les décennies
actuelles. Les acteurs, Administration du protectorat, Service des Antiquités et des Arts, élites
et population locale ont joué un rôle décisif dans l’appréhension et la fabrication d’une certaine
idée du patrimoine. En Tunisie l’arrivée du Génie militaire va bouleverser les techniques
constructives ancestrales. L’Administration centrale adoptera des attitudes différentes
marquées par le développement d’une sollicitude et prise en considération du patrimoine local
tunisien dans les années 1905-1930 couronnées par le mouvement de l’arabisance. Avec
l’indépendance le patrimoine est relégué au rang d’archaïsme car l’heure est à la construction
de la nation moderne et du progrès dans tous les domaines.
De nos jours comme aux époques antérieures, le patrimoine est instrumentalisé à des fins
identitaires, économiques et touristiques. La notion de patrimoine a enduré depuis le XIXème
siècle une série d’infléchissements politiques et culturels qui l’ont réduit à un instrument
idéologique et de propagande.
Mots-clés :
Patrimoine, Maghreb, Tunisie, enjeux et acteurs, XIXe et XXe siècles.
Pour citer cet article
Leila Ammar, « Les enjeux du patrimoine ancien et récent à Tunis aux XIXe et XXe siècles,
entre volontés de sauvegarde et périls », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°03,
Année 2017.