Depuis la nuit des temps, la médina de Tunis est un modèle urbanistique particulier et présente
une typologie architecturale riche en histoires et en styles. L’avènement du protectorat français
l’a entraînée dans la déshérence. Abandonnée par ses propres habitants, elle se dégrade. Cette
dégradation s’amplifie avec l’arrivée d’une population rurale qui fuit la famine et la misère. Les
nouveaux arrivants occupent les habitations abandonnées et l’encerclent de gourbis. Les flux
deviennent importants avec la crise de l’entre-deux-guerres et donnent naissance à une ceinture
de « gourbivilles » tel que le bidonville de Djebel Lahmar. Ce dernier, situé à quelques
kilomètres de la médina, résiste aux efforts de « dégourbification » menés par l’Etat et
développe sa propre morphologie. Avec les événements de 1978, il est réhabilité et ses
habitations sont régularisées. Aujourd’hui, une nouvelle vague de chantiers de constructions
illégales réapparaît et se répand sur tout le bidonville. Nous nous interrogeons sur l’avenir de
sa morphologie et ses conséquences sur l’urbanisation de la ville de Tunis.
Sami Kamoun, « Le bidonville de Djebel Lahmar, séquelle de l’ère coloniale
Evolution morphologique et avenir architectural et urbanistique », Al-Sabîl : Revue d’Histoire, d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines [En ligne], n°6,
Année 2018.
URL : http://www.al-sabil.tn/?p=15956
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Texte intégral
Auteur
Sami Kamoun
Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines